‹ New York Tic TacChapitre 9 sur 30 · SŒURS DU CERCLE ENCHANTE

SŒURS DU CERCLE ENCHANTE

Le car des touristes était sur le point de lever l’ancre. Le commandant avait assigné à chacun sa place sur le pont et s’apprêtait à donner le signal du départ en beuglant, avec son porte-voix, une imitation assez approximative de la sirène d’un sardinier. Le trottoir d’embarquement était encombré de badauds pédestres qui s’étaient agglomérés, pour contempler les badauds à roulettes, conformément à la loi naturelle qui veut que chaque créature de ce monde soit la proie d’une autre créature.

L’homme au porte-voix leva son instrument de torture. Le cœur du grand car se mit à battre au même rythme exalté que celui des passagers. Des plus hautes aux plus basses banquettes passa le frisson enivrant du voyage et de l’aventure. La vieille dame de Valparaiso (Indiana) poussa un cri de frayeur. Le receveur des postes de Wam-Tag-Wambi (Arkansas) ajusta ses lunettes d’un geste nerveux en mettant son coude dans l’œil de sa voisine. Et l’épicier-maire de Little Brooms (Ohio) introduisit son cornet acoustique dans sa conque en disant : « Non, merci, je n’aime pas les bonbons », à son voisin qui lui avait demandé : « Quelle heure est-il ? »

Mais avant que le Vaisseau des Badauds s’ébranle, laissez-moi vous inoculer au moyen du stéthoscope un petit préambule sentimental, destiné à attirer votre attention sur l’un des corollaires les plus captivants du tourisme métropolitain.

Vive et chaleureuse est la solidarité entre hommes blancs qui se rencontrent en Afrique. Immédiat et sûr est l’effluve invisible et spirituel qui unit la mère et l’enfant. C’est sans difficulté apparente que le chien et son maître communient à travers l’étroit fossé qui sépare l’homme de l’animal. Et naturellement tous les records locaux de vitesse et d’assimilation mutuelle et instinctive sont battus par les amoureux dans la catégorie des communications impalpables, muettes, secrètes et palpables.

Cependant tous ces exemples réunis ne donnent qu’une faible idée de ce que peut représenter le vrai, le grand record mondial de la transmission instantanée de la pensée et de la sympathie spontanée, tel qu’il fut établi ce jour-là dans notre Car de Tourisme Métropolitain, ainsi que nous allons vous le relater. Or donques, apprenez (à moins que vous ne le sachiez déjà) quels sont sur cette terre les deux êtres qui se reconnaissent et se lisent mutuellement dans le cœur avec la plus fulgurante vélocité, lorsqu’il leur arrive de se rencontrer.

Le commandant souffla dans sa trompe et le paquebot à pneumatiques se mit à voguer majestueusement sur la mer d’asphalte et les canaux de ciment new-yorkais. La Croisière des Gratte-ciel était inaugurée.

Sur la dernière et la plus haute banquette siégeaient James Williams, de Cloverdale (Missouri), et sa jeune Epousée.

Oh ! oui ! Je puis bien l’écrire avec une majuscule, ce mot divin qui domine toute l’Epiphanie de la vie et de l’amour. Le parfum des fleurs, le butin de l’abeille, l’eau pure et fraîche de la source, le chant de l’alouette, le zeste de citron dans le cocktail de la création, la jeune épousée est tout cela et plus encore. L’épouse est sacrée, la mère est révérée, la jeune fille de plage est alléchante. Mais l’Epousée est quelque chose comme le premier chèque reçu, pour sa soixante-dix-septième nouvelle, par un jeune auteur dont les magazines ont systématiquement refusé les soixante-seize nouvelles précédentes.

Le car glisse le long de la Voie Sacrée. Debout sur le pont de son navire, le commandant trompette les merveilles de la grande ville aux oreilles avides de ses passagers, qui, de leurs quinquets béants, avalent à quadruples bouchées les sites de briques rouges et les panoramas en ciment armé. Confus, sidérés, éberlués, gavés de paysages métallo-minéralogiques, les braves provinciaux s’efforcent de ne pas perdre une fourchetée du banquet touristique servi par l’homme au gueuloir ; mais la précipitation du service engendre moult imbroglios. C’est ainsi que les naïfs voyageurs prennent l’Asile des Vieillards pour la Résidence princière des Vanderbilt, la Gare du Nord pour l’Ecole Polytechnique, le Dépôt de la Préfecture de police pour l’Hôtel de Ville, et la cathédrale Saint-James pour la modeste villa de la célèbre star aux goûts simples et sûrs, Proserpine Nausicaa Glosswell (née Mabel Brown). Par ailleurs, invités par le perfide cicérone à contempler les collines de l’Hudson, ils admirent en toute confiance, dans un lointain estompé, les montagnes de remblai accumulées par la construction d’un nouvel égout collecteur. Pour beaucoup d’entre eux, le Métro aérien n’est autre, dans cette Métropole de fête et de foire perpétuelle, qu’une « attraction » monstre, au bout de laquelle on « waterchute » dans un lac. Et, aujourd’hui encore, dans les coins les plus reculés de la province, il y a des gens persuadés que les aliénés de New York sont conservés dans un grand bâtiment de Wall Street appelé la Bourse, que les conseillers municipaux vont à l’école du soir dans les cinémas de Broadway et que la Chambre des Représentants tient ses assises dans les arènes pugilistiques de Madison Square.

Et maintenant, je vous prie, jetez un coup d’œil ému et respectueux sur l’Epousée. Drapée… non ! tussorée… non encore ! mousselinée de bleu pâle, elle a emprunté ce matin-là ses pétales à Joséphine Pernet, la rose ivoire aux reflets d’or et de sang, pour en composer son visage. C’est Thaïs aux yeux de violette, c’est Callisto aux lèvres fruitées et savoureuses, c’est Aréthuse, c’est Euphrosyne, c’est Aphrodite elle-même ! Une Aphrodite honnête, bien élevée et, comme je l’ai dit, mousselinée de bleu pâle, mais mousselinée tout de même.

Et quant à l’âme de l’Epousée, elle se lit tout entière sur son visage de pêche, de rose, d’abricot et tutti frutti. A la première page s’inscrit en lettres majuscules la conviction inébranlable que son mari est le Grand Totem, le Coran, la Tour Eiffel, le Numéro Gagnant, le Prix d’excellence, le Diamant Noir et la Crème glacée à la Framboise de l’Univers. La deuxième page est remplie d’une déclaration enthousiaste attestant que ce séjour terrestre est certainement ce qui se fait de mieux dans le genre. La troisième et dernière page enfin proclame aux yeux du Monde les joies profondes et ineffables du Tourisme Métropolitain.

Le mari, vous l’avez deviné, a environ vingt-quatre ans sur son livret de famille et quatre-vingt mille sourires sur sa figure. Il est grand, bien bâti, arbore une cravate grenat, une mâchoire carrée, un air solide et résolu, et s’efforce visiblement de faire croire à tout le monde qu’il a au moins vingt-huit ans. Il est en voyage de noces.

En voyage de noces ! Ah ! quelle bonne et charitable fée nous rendra jamais les joies extatiques que cette petite phrase représente ! Oui ! Pour les goûter une fois encore, ne fût-ce qu’un court instant, nous sacrifierions volontiers tous les cadeaux de Noël que l’on nous a faits depuis dix ans, la rosette de la Légion d’honneur, la présidence du Comité des Fêtes et une année d’impôts sur le revenu. Impossible, dites-vous, gracieuse bonne Fée ? Alors, allons-y pour le gros lot de cinq millions, une statue sur la place publique et une invitation à dîner chez la comtesse de Pyge d’Azur.

Et, maintenant, miraculeuse conjonction et manifestation hautement satisfaisante du phénomène de l’attraction universelle, admirez les voies secrètes du Seigneur : juste devant le couple Williams est assis un deuxième couple de jeunes mariés.

Mousselinée de rose pâle, l’Epousée n° 2 a, ce matin-là, emprunté à Caroline Testout ses pétales roses pour en peindre son visage. C’est Salomé aux lèvres succulentes et parfumées comme une orange de Jaffa ; c’est la nymphe Pirène aux yeux de glaïeul ; c’est… mais assez de poésie comme ça : les lecteurs de magazines, cela est bien connu, n’aiment la « poésie » que dans les réclames radiophoniques de pilules, d’ameublement et de tisanes purgatives.

Quant au mari n° 2, il nous suffira d’indiquer qu’il est grand, bien bâti, arbore une cravate marron, une mâchoire carrée, un air solide et résolu, et s’efforce visiblement… Mais chut !…

Il est en voyage de noces.

« Mesdames et Messieurs, le grand bâtiment en forme de concombre que vous voyez sur votre droite est comme qui dirait une colonne comminatoire et mémorative élevée par Christophe Colomb en 1695 à la suite de sa victoire sur le général Montcalm. Remarquez les reliefs du bas, intitulés stalactites pour les distinguer de ceux d’en haut qu’on désigne sous le pseudonyme de bélemnites. Ils ont été dessinés par le célèbre sculpteur Benvenuto Concini, qui fut tué en duel par le spadassin Spinoza sur les ordres du duc de Mantoue… »

L’Epousée n° 2 se retourna, et ses regards se croisèrent avec ceux de l’Epousée n° 1. En un centième de seconde, les deux jeunes mariées se communiquèrent mutuellement, avec un sourire, l’histoire de leur vie, de leurs désirs, de leurs joies, de leurs espérances. Et tout cela, remarquez-le bien, par le canal d’un simple coup d’œil, et en moins de temps qu’il n’en faut à un chat pour barboter une côtelette ou à Jeff Coup-de-falot pour renifler un policeman.

L’Epousée bleue se pencha sur la rose. Il y eut un échange ultra-rapide de conversation à voix basse, au cours de laquelle les deux petites langues furent manœuvrées par leurs propriétaires à la cadence d’une mitrailleuse japonaise tirant sur une éruption du Saka-Nogok-Boutsou-Laki, qu’elle a prise pour une escadre d’avions chinois. La conférence se termina par deux sourires et une douzaine de hochements de tête sympathiques et compréhensifs.

Et, soudain, dans l’avenue, face au Vaisseau des Badauds, un homme se planta et leva la main. Il fut aussitôt rejoint par un second individu qui attendait sur le trottoir.

Les deux Epousées échangèrent un nouveau regard instantané, chargé d’un million de phrases, sujets, verbes, compléments, analyse grammaticale et tout le fourniment. Puis toutes deux fixèrent leurs regards avec une attention intense sur les deux détectives qui avaient arrêté le car et ouvert leur veston pour montrer leur plaque.

« C’qui vous prend ? gueula le cicérone, qui n’affectionnait pas outre mesure la police. C’est complet ! Et si c’est pour…

– Jetez l’ancre un instant, ordonna le détective. Il y a un homme à bord dont nous serions heureux d’interrompre la croisière, un bandit de Philadelphie intitulé Pinky Mac Guire. Il est là-haut, sur la dernière banquette. Surveille un peu les flancs du navire, Donovan. »

Le second détective passa rapidement derrière le véhicule et leva les yeux sur James Williams.

« Allons, descends, mon vieux, fit-il aimablement. Tu es fait. On a retenu ta chambre au dépôt. Pas bête, ça, de s’planquer sur un car de touristes ! Je m’souviendrai du truc. »

Suavement, à travers son porte-voix, le cicérone se permit un petit conseil intéressé.

« Descendez vous expliquer, monsieur, ça vaudra mieux. Le car ne peut pas attendre. »

James Williams, un peu pâle, se leva et jeta les yeux autour de lui. Son Epousée, la bleue, lui prit la main en poussant un petit cri d’angoisse. Puis elle suivit son présumé bandit qui traversa lentement le car et mit pied à terre en face des deux détectives.

Le commandant du Vaisseau des Badauds retarda le signal du départ : aucun panorama ne valait ce diorama policier après tout. Les passagers, bouche bée, contemplaient la scène avec un agréable petit frisson de curiosité, poivrée de frayeur.

« Vous êtes victimes d’une erreur, messieurs : mon nom est James Williams, je suis de Cloverdale dans le Missouri, et je…

– Ferme ça ! fit le premier détective brusquement. Nous avons un mandat d’arrêt contre Pinky Mac Guire, et son signalement te va comme un chapeau melon à un bookmaker. Accompagne-nous au poste, sans faire de pétard, ça vaudra mieux pour toi. »

Et alors l’Epousée bleue regarda son mari tendrement avec une sorte de sourire étrange, et lui dit d’un ton calme et parfaitement perceptible :

« Il a raison, Pinky, suis-les tranquillement, ça vaudra mieux pour toi. »

Puis elle se retourna et, du bout des doigts, envoya un baiser furtif à quelqu’un, là-haut, sur la banquette du car. Oui, parfaitement, un baiser. Et à une personne inconnue, encore.

« Ecoute ta femme, dit Donovan. C’est un bon conseil qu’elle te donne. En route. »

Mais James Williams, alias Pinky, semble ne vouloir écouter personne. Le sang est revenu à ses joues et ses yeux maintenant lancent des éclairs annonciateurs d’orage, de tonnerre, de foudre et de conflagration désespérée.

« Ah ! C’est comme ça ! rugit-il. Jusqu’à ma femme qui me trahit ! Eh bien, vous allez voir si on arrête “Pinky” comme ça ! »

Là-dessus il tombe sur les deux détectives avec une telle fougue et une telle puissance offensive qu’il fallut le secours de trois policemen en uniforme pour le maîtriser, plus deux wagons de Police-Secours pour maintenir une foule de trois mille personnes qui s’étaient agglomérées en un clin d’œil et contemplaient la scène avec extase.

Au bureau central de la police, le rebelle, dont un œil poché, le nez cramoisi et une oreille « en chou-fleur » attestaient la récente participation aux hostilités, invité à déclarer son état civil, gronda :

« Eh bien quoi ! J’suis Pinky, bien sûr ! Pinky la Brute, Pinky le bandit, qu’est-ce que vous attendez pour écrire ? Et n’oubliez pas d’ajouter qu’il leur a fallu se mettre à cinq pour ficeler Pinky. Je tiens beaucoup à ce que ça soit inscrit dans le procès-verbal ! »

L’histoire pourrait s’arrêter là. Car, bien entendu le lecteur perspicace a déjà deviné tout ce que je n’ai pas dit. Néanmoins, comme ces lignes pourraient tomber sous les yeux de l’Intelligence Service, de la Gestapo et autres Guépéous, qui ne manqueraient pas d’y découvrir des allusions politiques précises et naturellement divergentes, je pense qu’il est plus prudent de narrer le dénouement in extenso.

Or donques, une heure plus tard, une superbe automobile, longue de douze mètres, traînée par cent cinquante chevaux et soixante-douze cylindres s’arrête devant le bureau de police. Une jeune femme en bleu, qui paraît à la fois très satisfaite, et très excitée, met pied à terre, suivie d’un vieux gentleman d’aspect familial, opulent et superconfort. Tous deux pénètrent en hâte dans l’établissement.

« Oh ! James ! fait Mrs. Williams, Epousée n° 1, en sanglotant avec bonheur, tandis que l’oncle Thomas est en train de donner au commissaire toutes les explications et cautions nécessaires, oh ! James ! J’espère que tu me pardonneras ! C’est à cause d’elle, de l’autre… »

James la dévisage sévèrement de son œil valide. Il a un air bourru, vexé et légèrement déconcerté.

« Si ce n’était pas une attaque de folie subite, dit-il d’un ton raide, je pense que tu voudras bien m’expliquer la raison…

– Oh ! chéri ! fit-elle, écoute : je sais que cela t’a fait passer un mauvais moment… heu… un très mauvais moment, oui, pardon ! Mais c’était pour elle, et il n’y avait pas moyen de faire autrement. Pour l’autre jeune mariée, chéri, celle qui était en rose devant moi, tu sais ? Mrs Mac Doodle, ou Mac Farlane ou Mac Guire…, enfin la femme du vrai Pinky. Oui, ils s’étaient mariés le matin même, James ! Et elle n’a que vingt ans, et sa mère est blanchisseuse à Philadelphie dans Chalybeate Avenue, et elle n’avait que trois ans quand son père est mort en tombant d’un échafaudage. Et sa mère s’est remariée avec un bookmaker, et elle a une petite sœur de huit ans qui est blonde comme un ange. Et elle a aussi un grand frère de vingt-huit ans qui s’est laissé entraîner par les mauvais garçons ; il est à Sing Sing maintenant, et elle lui porte du chewing-gum tous les samedis. Et la grand-mère, la grand-mère paternelle, l’autre est morte l’année dernière d’une hémorragie interne parce qu’elle était tombée par la fenêtre du deuxième étage un jour qu’elle avait fait une omelette au rhum et qu’elle avait mis trop de rhum, je crois – la grand-mère paternelle…

– Si tu arrivais au fait, dit James Williams en souriant malgré lui avec une moitié de son visage boursouflé.

– Voilà, chéri. Alors, dès qu’elle aperçoit les détectives, elle glisse vivement un mot à l’oreille de son mari, Pinky, le vrai Pinky, et, aussitôt il se penche au-dehors, fait tomber son chapeau et enjambe le bastingage, je veux dire la rambarde, enfin le côté du car, comme s’il voulait aller le ramasser. Et personne ne s’en aperçoit, parce qu’il a fait ça très habilement et qu’à ce moment-là tout le monde regarde les détectives. Et ensuite il s’est caché derrière un arbre et il s’est faufilé dans le parc, et les policiers n’y ont vu que du feu. Et je me sentais si heureuse avec toi, mon James, que je n’ai pas voulu que ce même bonheur fût ravi à une autre, à une sœur en hyménée, chéri. Elle l’aime, James, elle est folle de lui, bien qu’il soit un… un hors-la-loi, et… et toutes les femmes sont pareilles dans ces cas-là, même celles des… des… mauvais garçons. Et… et… »

Mais James lui clôt la bouche d’un baiser. Car lui aussi a compris que sa mésaventure est la rançon du lien subtil, aérien et foudroyant qui unit les âmes sœurs des Epousées à travers l’espace, et le silence, et par-dessus les banquettes et la morale.

« Vous êtes libre, jeune homme, fit le commissaire d’une voix sévère. Et tâchez de ne pas recommencer. Nous sommes assez habitués à voir des bandits essayer de se faire passer pour d’honnêtes citoyens. Mais c’est la première fois que je…

– Oh ! dit James Williams avec une joyeuse grimace, ce n’est pas moi le coupable, c’est mon épouse.

– Non, dit Mrs. Williams, c’est l’amour, c’est le bonheur, c’est… »

Le commissaire haussa les épaules.

« Allons prendre le thé à la maison, dit l’oncle Thomas. Et pourquoi diable voyagez-vous en autocar, quand j’ai une limousine de trente mille dollars qui engraisse à l’écurie et que… »

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