I NOTE SUR LES DOLMENS DE LA CORÉE
Après avoir signalé précédemment deux séries de dolmens, l’une à Arie-Pabalmak et l’autre dans l’île de Kang-hoa, je suis heureux d’annoncer encore aujourd’hui une nouvelle série, très importante, de ces mégalithes en Corée. Ils sont situés à Sune-Sane-Hi, à 10 lis de Pong-Sane, sur la route de Song-To à Pyeung-Hiang.
Au nombre de vingt-deux, ces dolmens, qui se présentent comme un véritable cimetière, sont répandus sans ordre, non loin de la rivière Syen-Nai, sur la rive gauche, dans un champ, au pied d’une petite colline.
Le premier de ces dolmens (fig.) est séparé du groupe et se trouve sur le sentier qui conduit au village, au fond d’une étroite vallée, et non loin du ruisseau (toute cette région est schisteuse). Son orientation est à peu près sud-nord. La chambre mesure 140 de hauteur, 1 mètre de largeur et 350 de longueur. Il existe une dalle inférieure, qui résonne comme s’il y avait une cavité dessous. Dans tous les autres dolmens, cette cavité inférieure semble exister. Les blocs qui forment les parois latérales (il n’y en a que deux) sont d’énormes bancs schisteux qui ont dû être amenés d’assez loin, probablement par la rivière.
Les dolmens que j’ai trouvés jusqu’à présent en Corée étaient toujours dans des plaines à accès facile ou près de l’eau, mais cependant isolés dans des champs, loin des centres actuels. (Cela est sans signification, puisque j’ai appris, depuis mon retour à Séoul, qu’il y a, en plein village de Itchym, dans le Kan-Oueun-To, deux cents de ces monuments.)
Dolmens de Sune-Sane-Hi.
La dalle supérieure est en général très épaisse (080) et n’est guère plus grande que la chambre.
Les autres dolmens sont du même type, à dimensions peut-être moindres, surtout la hauteur au-dessus du sol. En somme, ces dolmens me paraissent intacts — inconnus des chercheurs de trésors — (qui ne sont pas des Coréens qu’arrête la superstition). Le peu de temps dont je disposais ne m’a pas permis de faire des fouilles, mais j’espère revenir à Sune-Sane-Hi et faire de ces monuments l’étude qu’ils méritent, tant au point de vue de leur contenu qu’au point de vue du folk-lore.