‹ Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2Chapitre 6 sur 10 · X

X

X. Dans les mots Deux, Eux et Ceux, le x est muet. C'est donc à tort que beaucoup de personnes prononcent deusse, eusse, ceusse, et disent, par exemple: Tous ceusse qui m'aiment; tous ceusse devant qui je parle; c'est eusse que j'accuse, etc.

Y

† Y, pronom personnel. À lui. Je l'y avais recommandé de prendre bien garde. Je l'y ferai ta commission, etc. Faute fort ancienne et fort répandue.

† Y, pronom relatif et démonstratif. Le, cela. Donne-m'y, Vincent.--Y voilà, prends-y tout. Les campagnards disent proverbialement: Qui tout y veut, tout y perd, c'est-à-dire: Que trop d'avidité perd l'homme.

Y, adv. relat. Est superflu dans les phrases suivantes: Il y a plu toute la nuit; il y a neigé sur le Jura; il y a gelé dans quelques bas-fonds. Il y aurait mieux valu se taire.

† Y AVOIR. Dans le langage populaire, Il y a lui, il y a elle, il y a eux, signifient: C'est lui, c'est elle, ce sont eux. M'sieu, il y a lui qui me crache contre. Mamzelle, il y a l'Andrienne qui m'empêche de tricoter.

YEUX, s. m. pl. Beaucoup de personnes, d'ailleurs instruites, disent: Des maux de z-yeux, un mal de z-yeux, une faiblesse de z-yeux. Il faut dire: Des maux d'yeux, un mal d'yeux, etc. Ne donnez donc pas le signalement d'une personne de la manière suivante: Cheveux châtains, front grands, bouche moyenne, z-yeux gris. Ce z-yeux gris, pour: Yeux gris, est une prononciation très-vicieuse.

Z

ZÈRE, s. m. Zéro. Quatre fois cinq font vingt: pose zère et retiens deux. Terme vaudois.

ZIZÉ, s. m. Terme enfantin, qui veut dire: Oiseau. Regarde ce joli zizé; ne fais pas peur à ces zizés. Le mot isé, en patois, a le même sens.

ZON-NÉE, s. f. Retentissement. Le canon faisait des zon-nées terribles.

ZON-NER, v. n. Résonner. Faire zon-ner une ronfle; faire zon-ner une pierre. Les oreilles me zon-nent (les oreilles me tintent). Dans le patois des Vosges, zonna, et en arabe, zanne ou zanna, signifient: Bourdonner. Onomatopées évidentes.

FIN.

LISTE ALPHABÉTIQUE

DES

MOTS QUE L'ON POURRAIT CROIRE GENEVOIS,

MAIS QUI APPARTIENNENT À LA LANGUE FRANÇAISE FAMILIÈRE ET SONT ENREGISTRÉS DANS LES DICTIONNAIRES[1].

A

Abalourdir, v. a. Abîmer (gâter), (fig.) Abord (tout d'----). Acciper, v. a. Acenser, v. a. s'Acoquiner, v. pr. Actionner, v. a. Affistoler, v. a. Agripper, v. a. Ahuri, adj. Ailes (d'un chapeau), s. f. Alarmiste, s. m. Allant, adj. (qui aime à aller). Allemand, s. m. (querelle d'Allemand). Allonger (un soufflet), v. a. Amodier, v. a. s'Amouracher, v. pr. Amphigouri, s. m. Amusette, s. f. Anicroche, s. f. s'Anonchalir[2]. Antiquaille, s. f. Appointir et appointer, v. a. (rendre pointu). Approchant, adv. (à peu près). Arbenne, s. f. (oiseau). Archi-bête, s. f. Argousin, s. m. Aria, s. m. Arranger quelqu'un (le maltraiter). Asticoter, v. a. Astiquer, v. a. Attifer, v. a. s'Attabler, v. a. Attrape-lourdaud, s. m. Attraper un rhume. s'Avachir, v. pr. à l'Avance, adv.[3] à l'Aveuglette, adv. Avoir de quoi (être aisé ou riche).

[1] Les mots imprimés en caractères italiques ne figurent pas dans le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les trouvera dans Boiste, Gattel, le Complément du dictionnaire de l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.

[2] Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. Ier, p. 19.

[3] Mauvaise expression, accueillie par Boiste et par Mr Bescherelle; répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais, et par le plus récent des lexicographes, Mr Poitevin.

B

Babiole, s. f. Bâcler, v. a. Badiner quelqu'un. Bâfre, s. f. Bâfrer, v. n. Bâfreur, s. m. Bagout, s. m. Bagarre, s. f. Baguenauder, v. n. Baliverne, s. f. Baliverner, v. n. Bambocher, v. n. Bambocheur, s. m. Bande noire, s. f. Ban de vendanges, s. m. Baptiser le vin. Baragouin, s. m. Baragouinage, s. m. Baragouiner, v. a. Baragouineur, s. m. Barbiche, s. f. Barbifier, v. a. Barquée, s. f. Bataclan, s. m. Bâtarde, s. f. (sorte d'écriture). Batifoler, v. n. Battant (tout ---- neuf). Bavardise, s. f. Bécasse, s. f. (fig.) Bedaine, s. f. Bégueule, s. f. Béguin, s. m. Béjaune, s. m. Bergère, s. f. (oiseau). Berlue, s. f. Bernique ou bernicles, adv. Bestiasse, s. f. Bestiole, s. f. Bichonner, v. a. Bicoque, s. f. Bidet, s. m. Bigarreau, s. m. Binocle, s. m. Bisbille, s. f. Biscornu, adj. Biscotin, s. m. Bisquer, v. n. Blague, s. f. (vanterie). Blaguer, v. n. Blagueur, s. m. Blanc-bec, s. m. Blet, ette, adj. Bleuir, v. a. se Blouser, v. pr. Bois carré, s. m. Bois gentil, s. m. Bombance, s. f. Bonde, s. f. Bon-homme, s. m. (fleur). Boniface, s. m. Boucan, s. m. (tapage). Boucaner, v. n. et a. Boucaneur, s. m. Bouche-trou, s. m. Bouchon, s. m. (cabaret). Bouffer, v. a. Bouffeur, s. m. Bougon, s. m. Bougonner, v. n. Bouillon-pointu, s. m. Bourde, s. f. Bourgeois, s. m. (patron). se Bourrer, v. pr. (s'empiffrer). Bourrique, s. f. Bourse-à-pasteur, s. f. Boursicaut, s. m. Boursiller, v. n. Bousin, s. m. Bousiner, v. n. Bout d'homme, s. m. Boute-en-train, s. m. Boutiquier, s. m. Boutonné, adj. (fig.) Braillée, s. f. Brailler, v. n. Brandevin, s. m. Braque, s. m. (fig.) Bredi-breda, adv. Breloque, s. f. Bretauder, v. a. Bric-à-brac, s. m. de Bric et de broc, adv. Brifer, v. a. Brimborion, s. m. Bringue, s. f. en Bringues, adv. Brioche, s. f. (pâtisserie). Brioche, s. f. (maladresse). Briscambille, s. f. Brise-tout, s. m. Brocanter, v. n. Brocanteur, s. m. Brocantage, s. m. Broches, s. f. pl. (aiguilles). Brossée, s. f. Brosser, v. a. (rosser). Brouille, s. f. Brouillon, onne, s. et adj. Brucelles, s. f. pl. Bûche, s. f. (fig.) se Bûcher, v. pr. Bûchette, s. f. Butin, s. m. (richesse, affaires). Buvable, adj. Buvard, s. m. Buvotter, v. n.

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