‹ Observations grammaticales sur quelques articles du Dictionnaire du mauvais langageChapitre 16 sur 54 · XXI. - XXII.

XXI. - XXII.

DONNER. En jouant aux cartes..... On ne doit pas dire c'est à moi à faire; mais vous direz, c'est à moi à donner.

L'Académie ne pense pas comme M. Molard. Selon elle, «faire se dit absolument en parlant des jeux de cartes, où chacun donne les cartes à son tour. À qui est-ce à faire? c'est à vous à faire?»

DROIT. On dit à une demoiselle, tenez-vous droit, et non pas droite, parce que ce mot est employé adverbialement.

Cette décision est erronnée. Il n'est pas plus permis de dire à une demoiselle, tenez-vous droit, que tenez-vous penché, tenez-vous courbé. Il faut dire: tenez-vous droite, penchée, courbée.

DROIT, considéré comme adverbe, signifie directement, par le plus court chemin. Ainsi l'on dit très-bien: cette demoiselle marche droit. Cette personne va droit au but. Cette route mène droit à Paris. On peut employer cette expression dans le sens propre et dans le sens figuré.

DROIT, dans la phrase condamnée par M. Molard, est un adjectif qui signifie ce qui est perpendiculaire, ce qui ne penche d'aucun côté. Cette décision n'est pas de moi; elle est de l'Académie dont j'ai pour ainsi dire emprunté tous les termes. À la définition que l'on vient de lire, elle ajoute ces deux exemples: se tenir droit; ce mur n'est pas droit.

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