‹ Observations grammaticales sur quelques articles du Dictionnaire du mauvais langageChapitre 32 sur 54 · XL. - XLI.

XL. - XLI.

MOUCHE À MIEL. Dites, abeille.

Le mot mouche à miel n'est pas moins exact que celui d'abeille. Il se trouve dans tous les Dictionnaires, et l'Académie le cite deux fois, l'une à l'article Mouche, et l'autre à l'article Miel. D'ailleurs qui ne connoît la fable que Lafontaine lui-même a intitulée, Les Frêlons et les Mouches à miel?

OFFICIER DE GÉNIE. Il ne faut pas confondre un officier du génie avec un officier de génie. La première expression désigne le corps où sert l'officier, et la seconde indique la qualité de son esprit.

Je ne sais où M. Molard a pris cette distinction subtile; elle n'est pas fondée. On dit un officier de génie, comme on dit un officier de guerre, un officier de marine, un officier de justice. Lorsqu'on parle en général, on supprime l'article, et l'on emploie la préposition de. L'équivoque n'est à craindre que pour ceux qui ne savent pas bien le françois. C'est à l'homme et non pas à la profession qu'il faut associer les qualités bonnes ou mauvaises qui appartiennent plus à l'un qu'à l'autre. Ainsi on ne dira pas un général de génie, un officier de génie, un magistrat de génie, pour dire qu'un général, un officier, un magistrat, ont du génie. Ce seroit la même chose que si l'on disoit un général d'esprit, un officier d'esprit, un magistrat d'esprit, pour dire qu'un général, un officier, un magistrat, ont de l'esprit. Mais on dira très-bien, ce général, cet officier, ce magistrat sont des hommes d'esprit, des hommes de génie.

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