CHAPITRE IV.
Description de Paris.
Je ne sais si c'est la faute des François ou la nôtre, s'ils s'expliquent mal, ou si nous ne les comprenons pas bien.--Mais quand il nous disent que qui a vu Paris a tout vu, il m'est évident qu'ils se trompent.--Du moins, s'ils entendent parler de ce qu'on voit à la lueur des lanternes.--Car on ne voit rien.
En plein jour la chose est différente.
Paris est percé de mille à douze cents rues.--Quand vous les aurez toutes suivies, quand vous aurez vu ses portes, ses ponts, ses places, ses statues; quand vous aurez visité ses quatre palais et toutes ses églises, parmi lesquelles vous vous garderez d'oublier Saint-Roch et Saint-Sulpice,--
Alors vous aurez vu...
Mais que sert de vous le dire? Lisez-le vous-même écrit en ces mots sur le portique du Louvre:
«Non orbis gentem, non urbem gens habet ullam, Ulla parem.»--
On peut le traduire ainsi pour l'intelligence du lecteur:
«Cette nation est unique parmi les nations; Cette ville est unique parmi les villes: Chanter et rire,--rire et mourir.»--
Il faut convenir que le François a une manière joviale de traiter tout ce qui est grand.