IV - V
LE PAUVRE SONGE
Peut-être un Soir m'attend Où je boirai tranquille En quelque vieille Ville, Et mourrai plus content: Puisque je suis patient!
Si mon mal se résigne, Si jamais j'ai quelque or, Choisirai-je le Nord Ou le Pays des Vignes?... --Ah, songer est indigne,
Puisque c'est pure perte! Et si je redeviens Le voyageur ancien, Jamais l'auberge verte Ne peut bien m'être ouverte.
CONCLUSION
Les pigeons qui tremblent dans la prairie. Le gibier, qui court et qui voit la nuit, Les bêtes des eaux, la bête asservie, Les derniers papillons!... ont soif aussi.
Mais fondre où fond ce nuage sans guide, --Oh! favorisé de ce qui est frais! Expirer en ces violettes humides Dont les aurores chargent ces forêts?
HONTE
Tant que la lame n'aura Pas coupé cette cervelle, Ce paquet blanc, vert et gras À vapeur jamais nouvelle...
(Ah! Lui, devrait couper son Nez, sa lèvre, ses oreilles, Son ventre! et faire abandon De ses jambes! ô merveille!)
Mais, non; vrai, je crois que tant Que pour sa tête la lame, Que les cailloux pour son flanc, Que pour ses boyaux la flamme
N'auront pas agi, l'enfant Gêneur, la si sotte bête, Ne doit cesser un instant De ruser et d'être traître
Comme un chat des Monts-Rocheux, D'empuantir toutes sphères! --Qu'à sa mort pourtant, mon Dieu! S'élève quelque prière...
MÉMOIRE