‹ Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvésChapitre 34 sur 55 · II. POÈMES EN PROSE

II. POÈMES EN PROSE

La plupart de ces poèmes, ceux qui furent publiés dans la première édition des _Illuminations_, ont été revus sur les fascicules de _la Vogue._

Génie, Fairy, Jeunesse, le IV de Veillées et Solde, qui n'étaient pas entrés dans la première édition et qui figurent dans l'édition courante des _Œuvres de Jean-Arthur Rimbaud_ sous le titre «Autres illuminations», ont été collationnés sur les manuscrits appartenant à M. Messein.

Il nous a paru que la dernière partie de la pièce Ouvriers ne pouvait faire corps avec ce poème et qu'elle devait en être séparée. On la trouvera immédiatement après, en bonne page.

Enfin, l'étude des manuscrits Messein nous a amené à juger que le IV de Jeunesse devait être reporté à Veillées, et que Guerre devait former le IV de Jeunesse.

UNE SAISON EN ENFER

Nous avons cru devoir faire précéder le texte publié par Rimbaud lui-même, chez Poot et Cie à Bruxelles, d'un morceau trouvé parmi des brouillons de cet ouvrage, le seul, comme on sait, que le poète ait daigné faire imprimer. Ce morceau paraît avoir été un projet de prologue. Entre la date d'inspiration de ce projet, «février, mars ou avril», et celle de l'achèvement d'_Une Saison en Enfer_, août 1873, le drame de Bruxelles intervint (voy. _Jean-Arthur Rimbaud, le Poète_) qui aurait fait modifier le premier plan et écarter ce prologue, remplaçé alors par l'avertissement dédicatoire commençant par ces mots: «Jadis, si je me souviens bien».

Paterne Berrichon.

APPENDICE

PIÈCES DOCUMENTAIRES

NOTICE

_Les premières de ces pièces ont été écrites à coups de lectures--nous dirions: prématurées, si le cas de Rimbaud n'était si prodigieux de précocité--sur les bancs du collège de Charleville; et, malgré çà et là de beaux vers d'une saveur très particulière, elles marquent vraiment trop d'influences étrangères. Les autres, faites au cours de premières fugues et laissées en province, chez différentes personnes, furent répudiées par l'auteur en une lettre datée du 10 juin 1871, où, textuellement, il mande à son correspondant: «Brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mes séjours à Douai.» Ce n'est donc pas tout à fait arbitrairement qu'elles sont rejetées en appendice._

_La prose_ CHARLES D'ORLÉANS À LOUIS XI, «_discours français donné en classe», a paru pour la première fois en novembre 1891, quelques jours après la mort de Rimbaud, dans une revue scientifique intitulée l'_Evolution. _Collationnée sur le manuscrit qu'en possède M. H. Saffrey, il nous a semblé que cette prose devait figurer en tête de ce recueil._

_On sait que_ LES ÉTRENNES DES ORPHELINS, _premiers vers français connus du poète--il venait d'avoir quinze ans lorsqu'il les composa,--furent adressés par lui à_ la Revue pour tous, _qui les publia en janvier 1870. Toutes les autres poésies qu'on va lire ont été, sauf la dernière, imprimées en premier lieu dans le fâcheux volume du_ Reliquaire.

L'HOMME JUSTE, _manuscrit incomplet de la collection Barthou, est ici publié pour la première fois. D'après une indication numérique écrite de la main de Rimbaud, il y manquerait les trente premiers vers; et c'est pour cela que nous avons cru ne pas devoir lui faire prendre place à côté des_ Premières Communions, _dont il est contemporain. Peut-être, à la réflexion, ce poème n'est-il autre que les_ Veilleurs, _tant admirés par Verlaine dans_ les Poètes maudits: _Rimbaud changeait volontiers le titre de ses poésies._

P. B.