‹ Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvésChapitre 39 sur 55 · IV

IV

Ah! c'était si charmant, ces mots dits tant de fois... --Mais comme il est changé, le logis d'autrefois! Un grand feu pétillait, clair dans la cheminée. Toute la vieille chambre était illuminée; Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer, Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer. L'armoire était sans clefs, sans clefs la grande armoire! On regardait souvent sa porte brune et noire: Sans clefs, c'était étrange! On rêvait bien des fois Aux mystères dormant entre ses flancs de bois; Et l'on croyait ouïr, au fond de la serrure Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure... --La chambre des parents est bien vide aujourd'hui! Aucun reflet vermeil sous la porte n'a lui. Il n'est point de parents, de foyer, de clefs prises; Partant, point de baisers, point de douces surprises. Oh! que le jour de l'an sera triste pour eux! Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus Silencieusement tombe une larme amère, Ils murmurent: «Quand donc reviendra notre mère?»