CHAPITRE XIII.
Il y a encore une chose estrange, digne de reciter, que plusieurs sauvages m'ont asseuré estre vray[142]: c'est que, proche de la Baye de Chaleurs, tirant au Su, est une isle où faict residence un monstre espouvantable que les sauvages appellent Gougou, & m'ont dict qu'il avoit la forme d'une femme, mais fort effroyable, & d'une telle grandeur, qu'ils me disoient que le bout des mats de nostre vaisseau ne luy 62/126 fust pas venu jusques à la ceinture, tant ils le peignent grand; & que souvent il a devoré & devore beaucoup de sauvages; lesquels ils met dedans une grande poche, quand il les peut attraper, & puis les mange; & disoient ceux qui avoient esvité le péril de ceste malheureuse beste, que sa poche estoit si grande, qu'il y eust pu mettre nostre vaisseau. Ce monstre faict des bruits horribles dedans ceste isle, que les sauvages appellent le Gougou; & quand ils en parlent, ce n'est que avec une peur si estrange qu'il ne se peut dire plus, & m'ont asseuré plusieurs l'avoir veu. Mesme ledict sieur Prevert de Sainct Malo, en allant à la descouverture des mines, ainsi que nous avons dict au chapitre précèdent, m'a dict avoir passé si proche de la demeure de ceste effroyable beste, que luy & tous ceux de son vaisseau entendoient des sifflements estranges du bruit qu'elle faisoit, & que les sauvages qu'il avoit avec luy, luy dirent que c'estoit la mesme beste, & avoient une telle peur qu'ils se cachoient de toute part, craignant qu'elle fust venue à eux pour les emporter & qu'il me faict croire ce qu'ils disent, c'est que tous les sauvages en général la craignent & en parlent si estrangement, que si je mettois tout ce qu'ils en disent, l'on le tiendroit pour fables; mais je tiens que ce soit la residence de quelque diable qui les tourmente de la façon.
Voylà ce que j'ay appris de ce Gougou.
[Note 142: Les premiers voyageurs qui abordèrent aux côtes du nouveau monde étaient bien disposés à y trouver un ordre de choses tout différent de celui du monde ancien; et Champlain tout le premier, en parcourant des régions encore à peu près inexplorées, pouvait croire trop facilement à l'existence de monstres fabuleux. Cependant, si l'on considère ce récit dans son ensemble, on verra qu'il ne fait guère que rapporter textuellement ce que les sauvages et le sieur Prévert étaient unanimes à raconter. Mais, de ce qu'il admettait volontiers l'existence du fait, il ne s'ensuit pas qu'il ait cru tout ce qu'on disait de ce prétendu monstre. C'est ce que prouve assez la réflexion par laquelle il termine: «Mais je tiens que ce soit (qu'il faut que ce soit) la residence de quelque diable qui les tourmente de la façon.» Et Lescarbot lui-même, après avoir employé plus de deux pages à expliquer les causes des fausses visions & imaginations, et à prouver que le Gougou, c'est proprement le remord de la conscience, finit aussi par dire: «Et n'est pas incroyable que le diable possédant ces peuples ne leur donne beaucoup d'illusions. Mais proprement, & à dire la vérité, ce qui a fortifié l'opinion du Gougou a été le rapport dudit Prevert, lequel contoit un jour au sieur de Poutrincourt une fable de même aloy, disant qu'il avoit veu un Sauvage jouer à la croce contre un diable, & qu'il voyoit bien la croce du diable jouer, mais quant à Monsieur le diable il ne le voyoit point. Le sieur de Poutrincourt qui prenoit plaisir à l'entendre, faisoit semblant de le croire, pour lui en faire dire d'autres... Or si ledit Champlein a été credule, un sçavant personnage que j'honore beaucoup pour sa grande literature, est encore en plus grand'faute, ayant mis en sa Chronologie septenaire de l'histoire de la paix imprimée l'an mille six cens cinq, tout le discours dudit Champlein sans nommer son autheur, & ayant baillé les fables des Armouchiquois & du Gougou pour bonne monnoye. Je croy que si le conte du diable jouant à la croce eût aussi été imprimé, il l'eût creu, & mis par escrit, comme le reste.»]
Premier que partir de Tadousac pour nous en retourner en France, un des Sagamo des Montagnez, nommé Bechourat[143], 63/127 donna son fils au sieur du Pont, pour l'emmener en France, & lui fut fort recommandé par le grand Sagamo Anadabijou, le priant de le bien traiter & de lui faire veoir ce que les autres deux sauvages que nous avions remenez, avoient veu. Nous leur demandasmes une femme des Irocois qu'ils vouloient manger, laquelle ils nous donnèrent, & l'avons aussi amenée avec ledict sauvage. Le sieur de Prevert a aussi amené quatre sauvages: un homme qui est de la coste d'Arcadie, une femme & deux enfans des Canadiens.
[Note 143: Très-probablement le même que Begourat mentionné plus haut. On sait que dans certaines écritures de l'époque de Champlain les deux lettres ch avaient beaucoup de ressemblance avec le g.]
Le 24e jour d'aoust, nous partismes de Gachepay, le vaisseau dudict sieur Prevert & le nostre. Le 2e jour de septembre, nous faisons estat d'estre aussi avant que le cap de Rase. Le cinquième jours dudict nous entrâmes sur le banc où se fait la pesche du poisson. Le 16 dudict mois nous estions à la sonde qui peut estre à quelques 50 lieues d'Ouessant Le 20 dudict mois, nous arrivasmes, par la grâce de Dieu, avec contentement d'un chascun, & tousjours le vent favorable, au port du Havre-de-Grace.
FIN.
Fin du Tome II.
(La page suivante est la page 130 qui est la page couverture du Tome III.)
130
OEUVRES DE CHAMPLAIN
PUBLIÉES SOUS LE PATRONAGE DE L'UNIVERSITÉ LAVAL
PAR L'ABBÉ C.-H. LAVERDIÈRE, M. A. PROFESSEUR D'HISTOIRE A LA FACULTÉ DES ARTS ET BIBLIOTHÉCAIRE DE L'UNIVERSITÉ
SECONDE ÉDITION
TOME III
QUÉBEC
Imprimé au Séminaire par GEO.-E. DESBARATS
1870
131 L'édition de 1613, qui fait suite à celle de 1603, est peut-être la plus intéressante et la plus utile de toutes celles que publia Champlain. Les faits y sont racontés dans l'ordre, quoique simplement; les descriptions de lieux y sont à leur place; le texte est partout accompagné de cartes ou de dessins, qui jettent toujours beaucoup de lumière sur des événements si éloignés de nous.
Bien des personnes, sans en avoir fait un examen assez attentif, ont cru que l'édition de 1632 pouvait y suppléer, parce quelle la reproduit en grande partie. Mais, quand elles voudront approfondir les choses, et s'en rendre exactement compte, elles s'apercevront bien vite que cette réimpression de 1632 est tellement tronquée parfois, qu'il est impossible de s'y reconnaître, et elles se verront forcées de revenir à l'édition première, surtout pour ce qui concerne l'Acadie, et les cotes de la Nouvelle-Angleterre.
132
LES VOYAGES DU SIEUR DE CHAMPLAIN XAINTONGEOIS, CAPITAINE
ordinaire pour le Roy, en la marine.
DIVISEZ EN DEUX LIVRES.
ou,
JOURNAL TRES-FIDELE DES OBSERVATIONS faites és descouvertures de la nouvelle France: tant en la description des terres, costes, rivieres, ports, havres, leurs hauteurs, & plusieurs déclinaisons de la guide-aymant; qu'en la créance des peuples, leurs superstitions, façon de vivre & de guerroyer: enrichi de quantité de figures.
Ensemble deux cartes geografiques: la première servant à la navigation, dressée selon les compas qui nordestent, sur lesquels les mariniers navigent: l'autre en son vray Méridien, avec ses longitudes & latitudes: à laquelle est adjousté le voyage du destroict qu'ont trouvé les Anglois, au dessus de Labrador, depuis le 53e. degré de latitude, jusques au 63e en l'an 1612. cerchans un chemin par le Nord, pour aller à la Chine.
A PARIS,
Chez JEAN BERJON, rue S. Jean de Beauvais, au Cheval volant, & en sa boutique au Palais, à la gallerie des prisonniers.
MDCXIII.
AVEC PRIVILEGE DU ROY.
iii/135
[Illustration]
AU ROY.
SIRE, Vostre Majesté peut avoir assez de cognoissance des descouvertures, faites pour son service de la nouvelle France (dicte Canada) par les escripts que certains Capitaines & Pilotes en ont fait, des voyages & descouvertures, qui y ont esté faites, depuis quatre vingts ans, mais ils n'ont rien rendu de si recommandable en vostre Royaume, ny si profitable pour le service de vostre Majesté & de ses subjects; comme peuvent estre les cartes des costes, havres, rivieres, & de la situation des lieux lesquelles seront representées par ce petit traicté, que je prens la hardiesse d'adresser à vostre Majesté, intitulé Journalier des voyages & descouvertures que j'ay faites avec le sieur de Mons, vostre Lieutenant, en la nouvelle France: & me voyant poussé d'une juste recognoissance de l'honneur que j'ay reçeu depuis dix ans, des commandements, tant de vostre Majesté, Sire, que du feu Roy, Henry le Grand, d'heureuse mémoire, qui me commanda de faire les recherches & descouvertures les plus exactes qu'il me seroit possible: Ce que j'ay fait avec les augmentations, representées par les cartes, contenues en ce petit livre, auquel il se trouvera une iv/136 remarque particulière des perils, qu'on pourrait encourir s'ils n'estoyent evitez: ce que les subjects de vostre Majesté, qu'il luy plaira employer cy aprés, pour la conservation desdictes descouvertures pourront eviter selon la cognoissance que leur en donneront les cartes contenues en ce traicté, qui servira d'exemplaire en vostre Royaume, pour servir à vostre Majesté, à l'augmentation de sa gloire, au bien de ses subjects, & à l'honneur du service tres-humble que doit à l'heureux accroissement de vos jours.
SIRE.
Vostre tres-humble, tres-obeissant & tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
v/137
[Illustration:]
A LA ROYNE REGENTE MERE DU ROY.
MADAME, Entre tous les arts les plus utiles & excellens, celuy de naviguer m'a tousjours semblé tenir le premier lieu: Car d'autant plus qu'il est hazardeux & accompagné de mille périls & naufrages, d'autant plus aussi est-il estimé & relevé par dessus tous, n'estant aucunement convenable à ceux qui manquent de courage & asseurance. Par cet art nous avons la cognoissance de diverses terres, régions, & Royaumes. Par iceluy nous attirons & apportons en nos terres toutes sortes de richesses, par iceluy l'idolâtrie du Paganisme est renversé, & le Christianisme annoncé par tous les endroits de la terre. C'est cet art qui m'a dés mon bas aage attiré à l'aimer, & qui m'a provoqué à m'exposer presque toute ma vie aux ondes impetueuses de l'Océan, & qui m'a fait naviger & costoyer une partie des terres de l'Amérique & principalement de la Nouvelle France, où j'ay tousjours en desir d'y faire fleurir le Lys avec l'unique Religion Catholique, Apostolique & Romaine. Ce que je croy à present faire avec l'aide de Dieu, estant assisté de la faveur de vostre Majesté, laquelle je supplie tres-humblement de continuer à nous maintenir, afin que tout reussisse à l'honneur vi/138 de Dieu, au bien de la France & splendeur de vostre Regne, pour la grandeur & prosperité duquel, je prierai Dieu, de vous assister tousjours de mille benedictions & demeureray.
MADAME,
Vostre tres-humble, tres-obeissant & tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
vii/139
AUX FRANÇOIS, SUR LES voyages du sieur de Champlain.
STANCES.
La France estant un jour à bon droit irritée De voir des estrangers l'audace tant vantée, Voulans comme ranger la mer à leur merci, Et rendre injustement Neptune tributaire Estant commun à tous; ardente de cholere Appella ses enfans, & les tançoit ainsi.
2
Enfans, mon cher soucy, le doux soin de mon ame, Quoy? l'honneur qui espoint d'une si douce flamme, Ne touche point vos coeurs? Si l'honneur de mon nom Rend le vostre pareil d'éternelle memoire, Si le bruit de mon los redonde à vostre gloire, Chers enfans, pouvés vous trahir vostre renom?
3
Je voy de l'estranger l'insolente arrogance, Entreprenant par trop, prendre la jouissance De ce grand Océan, qui languit aprés vous, Et pourquoy le desir d'une belle entreprise Vos coeurs comme autresfois n'espoinçonne & n'attise? Tousjours un brave coeur de l'honneur est jaloux.
4
Apprenés qu'on a veu les Françoises armées De leur nombre couvrir les pleines Idumées, L'Afrique quelquefois a veu vos devanciers, L'Europe en a tremblé, & la fertile Asie En a esté souvent d'effroy toute saisie, Ces peuples sont tesmoins de leurs actes guerriers.
5
Ainsi moy vostre mere en armes si féconde J'ay fait trembler soubs moy les trois parts de ce monde. viii/140 La quarte seulement mes armes n'a gousté. C'est ce monde nouveau dont l'Espagne rostie. Jalouse de mon los, seule se glorifie, Mon nom plus que le sien y doit estre planté.
6
Peut estre direz vous que mon ventre vous donne Ce que pour estre bien, Nature vous ordonne, Que vous avez le Ciel clément & gracieux, Que de chercher ailleurs se rendre à la fortune, Et plus se confier à une traistre Neptune, Ce seroit s'hazarder sans espoir d'avoir mieux.
7
Si les autres avoyent leurs terres cultivées, De fleuves & ruisseaux plaisamment abbreuvées Et que l'air y fut doux: sans doute ils n'auroyent pas Dans ce pays lointain porté leur renommée Que foible on la verroit dans leurs murs enfermée Mais pour vaincre la faim, on ne craint le trespas.
8
Il est vray chers enfans, mais ne faites vous compte De l'honneur, qui le temps & sa force surmonte? Qui seul peut faire vivre en immortalité? Ha! je sçay que luy seul vous plaist pour recompense, Allés donc courageux, ne souffrez, ceste offense, De souffrir tels affrons, ce serait lascheté.
9
Je n'en sentirois pas la passion si forte, Si nature n'ouvroit à ce dessein la porte, Car puis qu'elle a voulu me bagner les costés De deux si larges mers: c'est pour vous faire entendre Que guerriers il vous faut mes limites estendre Et rendre des deux parts les peuples surmontés.
10
C'est trop, c'est trop long temps se priver de l'usage, D'un bien que par le Ciel vous eustes en partage, ix/141 Allés donc courageux, faites bruire mon los, Que mes armes par vous en ce lieu soyent portées Rendés par la vertu les peines surmontées L'honneur est tant plus grand que moindre est le repos.
11
Ainsi parla la France: & les uns approuverent Son discours, par les cris qu'au Ciel ils eslevèrent, D'autres faisoient semblant de louer son dessein, Mais nul ne s'efforçait de la rendre contente, Quand Champlain luy donna le fruit de son attente. Un coeur fort généreux ne peut rien faire en vain.
12
Ce dessein qui portait tant de peines diverses, De dangers, de travaux, d'espines de traversés, Luy servit pour monstrer qu'une entière vertu Peut rompre tous efforts par sa perseverance Emporter, vaincre tout: un coeur plein de vaillance Se monstre tant plus grande plus il est combattu.
13
François, chers compagnons, qu'un beau desir de gloire Espoinçonnant vos coeurs, rende vostre mémoire Illustrée à jamais; venez braves guerriers, Non non ce ne sont point des esperances vaines. Champlain a surmonté les dangers & les peines: Venés pour recueillir mille & mille lauriers.
14
HENRY mon grand Henry à qui la destinée Impiteuse a trop tost la carrière bornée, Si le Ciel t'eust laissé plus long temps icy bas, Tu nous eusses assemblé la France avec la Chine : Tu ne méritais moins que la ronde machine, Et l'eussions veu courber sous l'effort de ton bras.
15
Et toy sacré fleuron, digne fils d'un tel Prince, Qui luit comme un soleil aux yeux de ta Province, x/142 Le Ciel qui te reserve à un si haut dessein, Face un jour qu'arrivant l'effect de mon envie, Je verse en t'y servant & le sang, & la vie, Je ne quiers autre honneur si tel est mon destin.
16
Tes armes ô mon Roy, ô mon grand Alexandre! Iront de tes vertus un bon odeur espandre Au couchant & levant. Champlain tout glorieux D'un desir si hautain ayant l'ame eschauffée Aux fins de l'Océan plantera ton trophée, La grandeur d'un tel Roy doit voler jusqu'aux Cieux.
L'ANGE Paris.
xi/143
A MONSIEUR DE CHAMPLAIN Sur son livre & ses cartes marines.
ODE.
Que desire tu voir encore Curieuse témérité: Tu cognois l'un & l'autre More, En ton cours est-il limité? En quelle coste reculée N'es-tu pas sans frayeur allée? Et ne sers tu pas de raison? Que l'ame est un feu qui nous pousse, Qui nous agite et se courouce D'estre en ce corps comme en prison?
Tu ne trouves rien d'impossible, Et mesme le chemin des Cieux À peine reste inaccessible A ton courage ambitieux. Encore un fugitif Dédale, Esbranlant son aisle inégale Eut l'audace d'en approcher, Et ce guerrier qui de la nue Vid la jeune Andromede nue Preste à mourir sur le rocher.
Que n'ay je leur aisle asseurée, Ou celle du vent plus léger, Ou celles des fils de Borée Ou l'Hippogriphe de Roger. Que ne puis-je par characteres Parfums & magiques mysteres Courir l'un & l'autre Element. Et quand je voudrais l'entreprendre Aussi-tost qu'un daimon me rendre Au bout du monde en un moment.
Non point qu'alors je me promette D'aller au sejour eslevé Qu'avec une longue lunette On a dans la lune trouvé; Ny d'apprendre si les lumières D'esclairer au ciel coustumieres, xii/144 Et qui sont nos biens & nos maux, D'humides vapeurs sont nourries, Comme icy bas dans les prairies D'herbe on nourit les animaux.
Mais pour aller en asseurance Visiter ces peuples tous nuds Que la bien heureuse ignorance En long repos a maintenus. Telle estoit la gent fortunée Au monde la première née, Quand le miel en ruisseaux fondoit Au sein de la terre fleurie Et telle se voit l'Hetrurie Lors que Saturne y commandoit.
Quels honneurs & quelles louanges Champlain ne doit point esperer, Qui de ces grands pays estranges Nous a sçeu le plan figurer Ayant neuf fois tenu la sonde Et porté dans ce nouveau monde Son courage aveugle aux dangers, Sans craindre des vents les haleines Ny les monstrueuses Baleines Le butin des Basques légers.
Esprit plus grand que la fortune Patient & laborieux. Tousjours soit propice Neptune A tes voyages glorieux. Puisses tu d'aage en aage vivre, Par l'heureux effort de ton livre: Et que la mesme éternité Donne tes chartes renommées D'huile de cèdre perfumées En garde à l'immortalité.
Motin.
xiii/145
SOMMAIRES DES CHAPITRES