Au lecteur
Voilà une lamentable histoire, n’est-ce pas, que celle que je viens de raconter là, d’autant plus lamentable que le vice y est presque aussi triste que les pleurs.
Ce n’est pas qu’au moment de laisser mourir Bannière sur cette terrible méprise d’une lettre oubliée dans la poche d’un habit, je n’aie point hésité, mais l’histoire était là, l’histoire me défendait de faire grâce : j’ai obéi à l’histoire.
Car c’est une histoire que je viens de vous raconter et non un roman que vous venez de lire ; ce pauvre cœur dont vous venez de voir cesser les battements a battu en effet ; cette poitrine que vous venez de voir palpitante et ensanglantée a, en effet, été trouée par les balles.
Vous cherchez, et ce nom de Bannière ne vous rappelle aucun souvenir. Non, ce fut une vie obscure, une mort obscure, sur lesquelles il m’a pris un jour la fantaisie de faire descendre un rayon de lumière.
En doutez-vous ? Tenez, jetez les yeux sur cette notice que j’emprunte à la biographie des artistes dramatiques, que j’emprunte à Lemazurier.