VI.
Mais John a son idée, C'est de gagner au vent, Rien que d'une bordée Comme il l'a fait souvent.
Il a toute sa toile, Bien qu'il souffle grand frais. Il a bordé sa voile Et s'élève au plus près,
Et, bien que la tempête Soit redoutable alors, Au travail il s'entête... Son chalut est dehors.
Maintenant que sa chaîne Est raidie, et qu'il a Son filet à la traîne,-- Tout marin sait cela,
Un bateau qui travaille Va seul, sans embarder, Et même sans qu'il faille De la barre l'aider...
Aussi, la tête lourde, L'œil à demi louchant, John saisit-il sa gourde, Et puis, la débouchant,
Il la porte à sa bouche, Il la presse, il la tord, Et, sur le banc, se couche A l'arrière et s'endort.
Il dort, la panse pleine De gin et de brandvin... Ce n'est plus le John Playne... Hélas! c'est le John plein!
«L'imprudent! s'écria M. Martin.
--On dit qu'il y a un Dieu pour les ivrognes, fit naturellement observer Sim.
--Comme il doit être occupé! repartit Martine.
--Nous verrons bien! répliqua le curé. Continue, Pat.»