‹ Paroles d'un croyant, 1833Chapitre 5 sur 41 · V

V

Quand vous voyez un homme conduit en prison ou au supplice, ne vous pressez pas de dire: Celui-là est un homme méchant, qui a commis un crime contre les hommes:

Car peut-être est-ce un homme de bien, qui a voulu servir les hommes, et qui en est puni par leurs oppresseurs.

Quand vous voyez un peuple chargé de fers et livré au bourreau, ne vous pressez pas de dire: Ce peuple est un peuple violent, qui vouloit troubler la paix de la terre:

Car peut-être est-ce un peuple martyr, qui meurt pour le salut du genre humain.

Il y a dix-huit siècles, dans une ville d’Orient, les pontifes et les rois de ce temps-là clouèrent sur une croix, après l’avoir battu de verges, un séditieux, un blasphémateur, comme ils l’appeloient.

Le jour de sa mort, il y eut une grande terreur dans l’enfer, et une grande joie dans le ciel:

Car le sang du Juste avoit sauvé le monde.

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