‹ Pensées d’aoûtChapitre 41 sur 55 · « Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve »

« Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve »

Je côtoyais ce lac, tant nommé dans mon rêve ;
Je le tenais enfin, et j’en voyais le tour.
Le rapide bateau l’embrassait d’un seul jour.
Joyeux, je commençais ce qui si tôt s’achève.
Chaque instant amenait quelque nom qui se lève ;
Coppet venait de fuir ; Lausanne avait son tour ;
Vevay luisait déjà sous sa légère tour ;
Clarens… quoi ? c’est Clarens ! bosquet d’ardente sève !
J’admirais, mais sans pleurs, mais sans jeune transport ;
Rien en moi ne chantait ou ne faisait effort.
de disais : Est-ce tout ? — Le peu de ce qu’on aime,
La fin des longs désirs, leur inégale part,
Me revenait alors ; je m’accusais moi-même,
Beaux monts, cadre immortel, et que je vois trop tard !

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