V
Létendard que mon bras de rebelle Déroula sur les terres du rêve Tremble aux tours du palais de la Belle Pour que son peuple en rie. Et le glaive
Que trempa dans le sang des chimères Quelque héros aïeul de ma race, Sest brisé dans mes mains éphémères Contre lAnge à la ronge cuirasse.
Prince de si triste renommée, Me voici, revenu des désastres, Sur la route où jadis mon armée Chevauchait en chantant vers les astres.
Nul, hélas! nenguirlande de roses Cette lance où miroite la lune. Ah! les jours de retour sont moroses Aux maudits de la mâle fortune!
La douce diseuse daventure Qui pleura sur le seuil de sa porte Quand je lus dans locculte écriture, Je sais par les signes quelle est morte.
Et mon âme qui damour tressaille Revole vers la terre du rêve, Où vaincu dans lultime bataille Je perdis lEtendard et te Glaive.