XXIV
Un poète de ma connaissance perdit sa maîtresse, une veuve avec de petites rentes, qui l'avait fait vivre dix ans, en vue d'un chef-d'oeuvre jamais commencé. Il l'avait abreuvée de vilenies sous prétexte qu'il faut à l'artiste les expériences de la passion. «Je suis très malheureux,» me dit-il, «je vais profiter de ma douleur pour écrire un petit Intermezzo très éloquent.» La pauvre femme a dû en frémir de joie dans sa tombe. Elle l'entretenait après sa mort.