Le Pèlerin passionné · Autant en emporte le vent · Une jeune fille parle
Les fenouils m’ont dit : Il t’aime si
Follement qu’il est à ta merci ;
Pour son revenir va t’apprêter.
— Les fenouils ne savent que flatter !
Dieu ait pitié de mon âme.
Les pâquerettes m’ont dit : Pourquoi
Avoir remis ta foi dans sa foi ?
Son cœur est tanné comme un soudard.
— Pâquerettes, vous parlez trop tard !
Dieu ait pitié de mon âme.
Les sauges m’ont dit : Ne l’attends pas,
Il s’est endormi dans d’autres bras.
— Ô sauges, tristes sauges, je veux
vous tresser toutes dans mes cheveux…
Dieu ait pitié de mon âme.