‹ PoèmesChapitre 10 sur 10 · II.--LA SUITE DE LA LUNE

II.--LA SUITE DE LA LUNE

Pour les sens du dehors, c'est la paix, une paix rêveuse dans toutes les directions, un silence profond sur la terre enveloppée d'ombres, un silence profond là où cessent les ombres.

À part un cri qui réveille un écho perçant, et que lance un oiseau qui se désole dans sa solitude, un râle des genêts appelant sa compagne, et la réponse part de la colline perdue dans le brouillard.

Et soudain, la lune retire des cieux qui s'éclairent, sa faucille, et fuit vers sa sombre caverne, enveloppée dans un voile de gaze jaune.

LA TOMBE DE KEATS

Désormais à l'abri de l'injustice du monde et de sa souffrance, il repose sous le voile bleu de la Divinité. Enlevé à la vie, quand la vie et l'amour étaient dans toute leur nouveauté, ainsi gît le plus jeune des martyrs;

beau comme Sébastien, et comme lui, mis à mort prématurément. Nul cyprès ne jette son ombre sur son tombeau, point d'if funéraire, mais de douces violettes, qui pleurent avec la rosée, tissent sur ses restes une chaîne qui fleurit sans cesse.

O coeur si fier que brisa la misère, ô lèvres, les plus douces depuis celles de Mitylène, ô poète peintre de notre terre anglaise!

Ton nom était écrit sur l'eau,--et il survivra--et des larmes comme les miennes entretiendront bien verte ta mémoire, comme le feront celles d'Isabelle pour l'arbre de son Basile.

THÉOCRITE

VILLANELLE

O chanteur de Perséphoné, dans tes sombres et désertes prairies, te souviens-tu de la Sicile?

L'abeille voltige encore à travers le lierre, là où gît solennellement inhumée Amaryllis, ô chanteur de Perséphoné!

Simaetha invoque Hécate et entend à sa porte les chiens féroces; te souviens-tu de la Sicile?

Silencieux près de la mer légère et rieuse, le pauvre Polyphème déplore son destin, ô chanteur de Perséphoné!

Et toujours, dans son émulation enfantine, le jeune Daphnis défie son camarade: te souviens-tu de la Sicile?

Le svelte Lacon garde une chèvre pour toi, et c'est toi qu'attendent les joyeux bergers; ô chanteur de Perséphoné, te souviens-tu de la Sicile?

DANS LA CHAMBRE D'OR

HARMONIE

Ses mains d'ivoires erraient au hasard du caprice sur les touches d'ivoire, pareilles au rayon argenté qui traverse les peupliers quand ils agitent distraitement leurs pâles feuilles, ou à l'écume mobile d'une mer sans repos, quand les vagues montrent leurs dents à la brise volage.

Sa chevelure d'or tombait sur la mer d'or, comme les délicats fils de la vierge, tissés sur le disque poli de la pâquerette, ou comme l'hélianthe qui se tourne vers le soleil, quand la nuit jalouse a complété l'obscurité, et que la lance du lis s'entoure d'une auréole.

Et ses douces et rouges lèvres sur ces lèvres, les miennes brûlaient comme le feu de rubis serti dans la lampe oscillante d'un reliquaire cramoisi, ou comme les blessures saignantes de la grenade, ou le coeur du lotus tout inondé, tout humide du sang répandu de la vigne rose et rouge...

BALLADE DE MARGUERITE

NORMANDE

--Je suis las de rester en forêt, alors que les chevaliers se réunissent sur la place du marché.

--Non, ne va pas à la ville aux toits rouges, de peur que les fers des chevaux de guerre ne te meurtrissent.

--Mais non, je n'irai point là où chevauchent les Écuyers, je me bornerai à marcher aux côtés de ma Dame.

--Hélas! hélas! Tu es par trop téméraire! Le fils d'un forestier n'est point fait pour manger dans de l'or.

--M'aimera-t-elle moins parce que, à chaque Saint-Martin, mon père se montre vêtu d'un justaucorps vert?

--Peut-être est-elle occupée à broder une tapisserie. Le fuseau et la navette ne te conviennent point.

--Ah! si elle travaille à une somptueuse tapisserie, je pourrais débrouiller les fils à la lumière du feu.

--Peut-être se lance-t-elle à la chasse du daim. Comment la suivre par monts et par mers?

--Ah! si elle chevauche avec la cour, je pourrais courir à son côté et souffler le hallali.

--Peut-être est-elle agenouillée dans Saint-Denis (que Notre-Dame ait grand'pitié de son âme!).

--Ah! si elle prie dans la chapelle solitaire, je pourrais balancer l'encensoir et sonner la cloche.

--Rentrez, mon fils, vous avez la figure si pâle, et le père vous remplira une tasse d'ale.

--Mais quels sont ces chevaliers en riches costumes? Est-ce un spectacle où se rassemblent les gens riches?

--C'est le roi d'Angleterre, qui a passé la mer pour venir visiter notre beau pays.

--Mais pourquoi le couvre-feu rend-il un son aussi, sourd, et pourquoi ces gens en deuil qui se suivent à la file?

--Oh! c'est Hugues d'Amiens, le fils de ma soeur, qui gît mort, car son jour est venu.

--Non, non, car je vois distinctement des lis blancs. Ce n'est point un homme vigoureux qui git sur la bière.

--C'est la vieille dame Jeannette, qui gardait le bail; j'étais sûr qu'elle mourrait aux premiers jours d'automne.

--Dame Jeannette n'avait point ces cheveux d'or bruni; la vieille Jeannette n'était point une jolie fille.

---Ce n'est point quelqu'un de notre sorte, quelqu'un de notre famille (que Notre-Dame la préserve de tout péché!).

--Mais j'entends la douce voix de l'enfant qui chante: «Elle est morte, la Marguerite!»

--Rentre, mon fils, et mets-toi au lit, et laisse les morts ensevelir leurs morts.

--O mère, vous savez comme je l'aimais sincèrement. O mère, une seule tombe est-elle assez large pour deux?

LE SORT DE LA FILLE DU ROI

BRETONNE

Sept étoiles dans l'eau calme, et sept dans le ciel, sept péchés sur la fille du roi, et ils sont profondément cachés en son âme.

A ses pieds sont des roses rouges (les roses sont rouges dans sa chevelure d'or rouge). Et voyez! encore des roses rouges à l'endroit où se réunissent sa poitrine et sa ceinture.

Il est beau, le chevalier qui gît, assassiné, parmi les ajoncs et les roseaux; voyez les maigres poissons pressés de se repaître des cadavres.

Il est charmant le page qui est étendu ici (du drap d'or, c'est un beau butin); voyez dans l'air les noirs corbeaux. Ils sont noirs, oh! ils sont noirs comme la nuit.

Que font là ces cadavres immobiles, inertes? (elle a du sang sur la main), pourquoi les lis sont-ils tachés de rouge? (il y a du sang sur le sable de la rivière).

Il y a deux hommes qui viennent à cheval du sud et de l'est, et deux qui viennent du nord et de l'ouest, festin abondant pour le noir corbeau, sécurité pour la fille du roi.

Il y a un homme qui l'aime loyalement (rouge, oh! qu'elle est rouge, la tache de sang); il a creusé une tombe auprès de l'yeuse sombre (une seule tombe suffira pour quatre).

Pas de lune au ciel calme; pas de lune dans l'eau noire. Et sur son âme, elle a sept péchés, lui a un péché sur la sienne.

AMOR INTELLECTUALIS

Souvent nous avons parcouru les vallées de Castalie, et entendu les doux accents d'une musique champêtre jouée sur des flûtes antiques à de vulgaires inconnus, et souvent nous avons lancé notre barque sur cette mer

où les neuf Muses ont établi leur empire, et tracé librement nos sillons à travers la vague et l'écume, sans déployer nos voiles hésitantes pour gagner une demeure plus sûre, jusqu'à ce que nous eussions entièrement chargé notre embarcation.

De ces trésors, de ces dépouilles, voici ce qui reste, la passion de Sordelio[10], le contour suave du jeune Endymion[11], l'important Tamburlaine poussant devant lui ses haridelles rassasiées de bien-être[12], et mieux que cela, la septuple vision du Florentin[13], et les solennelles harmonies de Milton au front austère.

[Note 10: Sordello, poème de Robert Browning.]

[Note 11: Endymion, poème de Keats.]

[Note 12: Tamerlaen, pièce de Marlowe.]

[Note 13: La divine Comédie.]

SANTA DECCA

Les Dieux sont morts; nous avons cessé d'offrir à Pallas aux yeux: gris des couronnes de feuilles d'olivier! L'enfant de Demeter ne reçoit plus la dîme de nos gerbes, et vers midi les bergers chantent sans crainte, car Pan est mort; plus de turbulentes amourettes par les clairières secrètes et les tortueux asiles. Le jeune Hylas ne cherche plus les sources; le grand Pan est mort, et c'est le fils de Marie qui est roi.

Et pourtant, peut-être en cette île que la mer tient en extase, quelque dieu, mâchant le fruit amer de la mémoire, reste caché parmi les asphodèles! O Amour, s'il y en avait encore un, nous ferions sagement de fuir sa colère! Non! mais, regardez, les feuilles s'agitent. Restons un instant à épier.

UNE VISION

Deux rois couronnés, et un autre qui se tenait à l'écart, sans que le vert laurier pesât bien lourd sur sa tête, mais avec un regard triste, comme s'il était découragé, fatigué de l'incessant gémissement de l'homme,

au sujet de péchés que ne saurait effacer une bêlante victime, avec de longues et douces lèvres nourries de larmes et de baisers. Il était ceint d'un vêtement noir et rouge, et à ses pieds j'aperçus une pierre brisée

d'où sortaient des lis pareils à des colombes, montant à ses genoux. Et alors, à cette vue, mon coeur s'allumant d'une flamme,

je criai à Béatrice: «Quels sont-ils?» Et elle répondit, car elle connaissait bien leurs noms: «Le premier, c'est Eschyle, le second est Sophocle, et enfin (large flot de larmes), c'est Euripide.

IMPRESSION DE VOYAGE

La mer avait la couleur du saphir, et le ciel, dans l'air, brûlait comme une opale chauffée: nous hissâmes la voile; le vent soufflait avec force du côté des pays bleus qui s'étendent vers l'Orient.

De la proue escarpée, je remarquai, avec, une attention plus vive, Zacynthos, et chaque bois d'olivier, et chaque baie, les falaises d'Ithaque, et le pic neigeux de Lycaon, et toutes les collines de l'Arcadie avec leur parure de fleurs.

Le battement de la voile contre le mât, et les ondulations qui se faisaient dans l'eau sur les côtés, et les ondulations dans le rire des jeunes filles, à l'avant,

pas d'autres bruits. Quand l'Occident s'embrasa et un rouge soleil se balança sur les mers, j'étais, enfin, sur le sol de la Grèce.

LA TOMBE DE SHELLEY

Comme des torches qui ont fini de se consumer près du lit d'un malade, les maigres cyprès se dressent autour de la pierre que le soleil a blanchie. C'est là que la petite chouette nocturne a établi son trône, que le lézard léger montre sa tôle-parée de gemmes, et la où les pavots aux formes de calices s'embrasent jusqu'au rouge, dans la chambre silencieuse de cette pyramide que voici, assurément se tapit dans les ténèbres quelque Sphinx du monde ancien, farouche gardien de ce séjour aimé des morts.

Ah! sans doute il est doux de reposer dans le sein maternel de la Terre, auguste mère de l'éternel sommeil. Mais combien il est plus doux pour toi d'avoir une tombe incessamment agitée, dans la caverne bleue des profondeurs aux échos sonores, ou bien là où s'engloutissent dans les ténèbres les immenses vaisseaux heurtés contre les flancs de quelque falaise rongée par la vague.

Rome.

PRES DE L'ARNO

Le nerprun sur la mer se teinte d'écarlate à la lumière de l'aurore, bien que les ombres grises de la nuit enveloppent encore Florence comme d'un linceul.

La rosée scintille sur la colline et les fleurs brillent au-dessus de nous. Oui! mais les cigales ont fui et la petite chanson attique s'est tue.

Seules les feuilles sont doucement agitées par la molle haleine de la brise, et dans le vallon qu'embaume l'amandier, on entend le rossignol solitaire.

Le jour viendra bientôt t'imposer silence, ô rossignol, chante de bon coeur pendant qu'encore sur le bosquet ombreux se brisent les flèches de la lune.

Avant que d'un pas furtif, dans un brouillard vert de mer, le matin se glisse à travers la prairie, et laisse voir aux yeux effarés de l'amour les longs doigts blancs de l'aube,

gravissant en hâte le ciel d'Orient pour saisir et mettre à mort la nuit tremblante, sans avoir le moindre souci de ce qui charme mon coeur ou de ce que le rossignol pourrait en mourir.

FABIEN DEI FRANCHI

La chambre silencieuse, les ténèbres qui rampent d'un pas lourd, les morts qui voyagent vite, la porte qui s'ouvre, les doigts blancs du fantôme posés sur tes épaules,

et ensuite le duel sans témoin dans la clairière, les épées brisées, le cri étouffé, le sang, tes grands yeux pleins de vengeance satisfaite, maintenant que tout est fini,--ces choses-là suffisent amplement,--mais tu étais fait

pour une création plus auguste! Léar délirant devait, à ton commandement, errer sur la lande, pour suivi par la raillerie criarde de la folie. Pour toi, Roméo

devrait tendre le piège de son amour et la terreur désespérée tirer de son fourreau le poignard de Richard; tu es un trempette que devraient faire résonner les lèvres de Shakespeare.

PHEDRE

Combien il doit paraître vain et monotone ce monde banal, pour celui qui, comme toi, aurait pu converser à Florence avec Mirandola, ou se promener parmi les frais oliviers de l'Académie!

Tu aurais cueilli dans un verdoyant ruisseau des roseaux pour faire une flûte au son perçant, à Pan, le dieu au pied de chèvre, et tu aurais joué avec les blanches jeunes filles dans ce bosquet phéacien où la grave Odysseus s'éveilla de son rêve.

Ah! sûrement jadis une urne d'argile attique contint ta poussière morte, et tu es revenu à la vie en ce monde vulgaire, si monotone et si vain,

parce que tu étais las du jour sans soleil, et des plaines ennuyeuses où croît l'asphodèle sans parfum, et des lèvres sans amour que baisent les hommes dans l'Hadès.

PORTIA

Je ne m'étonne point que Bassanio ait été assez téméraire pour risquer tout ce qu'il possédait sur le plomb[14], et que le fier Aragon ait courbé si bas là tête, que ce coeur ardent du Maroc[15] se soit refroidi;

car dans ce somptueux costume lamé d'or, et qui a plus d'or que le soleil doré, aucune des femmes contemplées par Véronése n'avait la moitié de la beauté que je contemple.

[Note 14: Bassanio, dans le Marchand de Venise, joue son existence sur le coffre de plomb où est caché le portrait de Portia.]

[Note 15: Le prince d'Aragon et le prince du Maroc sont les deux rivaux de Bassanio.]

Et pourtant tu étais plus belle quand, te protégeant du bouclier de la sagesse, tu prenais la robe sévère du légiste, et que tu empêchais les lois de Venise de livrer

le coeur d'Antonio à ce Juif maudit. O Portia, accepte mon coeur; il t'appartient de droit, je crois que je n'élèverai point de chicane sur mon engagement.

LA REINE HENRIETTE-MARIE

Sous la tente solitaire, dans l'espérance de la victoire, elle reste, les yeux troublés par les brouillards de la souffrance, pareille à un lis que l'ondée fait pencher; les cris et les bruits de la bataille, le ciel ensanglanté,

le fléau de la guerre, le naufrage de la chevalerie ne sauraient faire naître en son âme fière une vulgaire crainte. Elle attend bravement son Seigneur, le Roi, et son âme brûle tout entière d'une extase de passion.

O chevelure d'or, ô lèvres de pourpre, ô figure faite pour la séduction et l'amour de l'homme! Avec toi j'oublie la fatigue et l'inquiétude,

et la roule sans amour où tout repos est inconnu et le pouls accéléré du Temps, et la mortelle lassitude de l'âme, ma liberté et mon passé républicain.

GLUKUPICROS ERÔS

Ma chérie, je ne vous blâme point, car j'étais dans mon tort; si je n'avais point été fait de la commune argile, j'aurais escaladé les hautes cimes, encore vierges, connu l'atmosphère plus vivifiante, le jour plus vaste.

Du désert de ma passion dépensée en vain j'ai fait sortir un chant meilleur, plus clair, allumé une flamme plus lumineuse de liberté plus complète, livré bataille à quelque mal aux têtes d'hydre.

Si mes lèvres, meurtries par des baisers qui n'en ont fait jaillir que du sang, avaient pu répondre par des chants, vous auriez marché avec Bice et les anges sur cette prairie verdoyante et diaprée.

J'aurais suivi la route où Dante, en la parcourant, vit briller les soleils des sept cercles! Oui, peut-être aurais-je vu les cieux s'ouvrir comme ils s'ouvrirent pour le Florentin.

Et les puissantes nations m'auraient couronné, moi qui maintenant n'ai ni une couronne, ni un nom. Et le lever d'une aurore m'aurait trouvé agenouillé sur le seuil du Temple de la gloire.

J'aurais pris place dans ce cercle de marbre où le plus ancien est comme le plus jeune des bardes, où le miel tombe sans cesse de la flûte, où les cordes de la lyre sont constamment tendues.

Keats a relevé ses boucles virginales au-dessus de la coupe de vin mêlée de pavots, et sa bouche immortelle a baisé mon front, et ma main a serré sa main dans l'étreinte du noble amour.

Et au printemps, dans la saison où la colombe, de sa poitrine irisée, frôle les fleurs de pommier, deux jeunes amants, couchés dans le verger, auraient lu le récit de notre amour,

auraient lu la légende de ma passion, comme l'amer secret de mon coeur, échangé des baisers comme nous, mais ne se seraient jamais séparés, comme nous l'ordonne désormais la destinée.

Car la fleur pourpre de notre vie est dévorée par lever rongeur de la vérité, et nulle main n'est capable de réunir les pétales tombés et flétris de la rose de la jeunesse.

Pourtant, je ne me repens pas de vous avoir aimée. Adolescent que j'étais, pouvais-je faire autrement, --car les dents voraces du Temps dévorent, et les années au pas silencieux pourchassant.

Nous allons, emportés sans gouvernail, au gré d'une tempête, et quand est passé l'orage de la jeunesse, plus de lyre, plus de luth, plus de choeur; alors parait la mort, pilote silencieux.

Et au dedans de la tombe, il n'est plus de plaisir, car l'orvet s'engraisse de corruption, et le désir, après un frisson, devient cendre, et l'arbre de la passion ne porte pas de fruit.

Ah! que pouvais-je faire, sinon vous aimer? La Mère même de Dieu m'était moins chère, et moins chère la déesse de Cythère surgissant de la mer comme un lis d'argent.

J'ai fait mon choix, j'ai vécu mes poèmes, et bien que ma jeunesse se soit dissipée en jours gaspillés, j'ai trouvé la couronne de myrte de l'amant préférable à la couronne de laurier du poète.

TABLE DES MATIÈRES

PRÉFACE

Hélas! Le Jardin d'Eros. La nouvelle Hélène. Charmidès. Panthéa. Humanitad. Sonnet à la liberté. Ave Imperatrix. A Milton. Louis-Napoléon. Sonnet sur le massacre des chrétiens en Bulgarie. Quantum mutata. Libertatis sacra fames. Théoretikos. Requiescat. Sonnet composé en approchant de l'Italie. San Miniato. Ave, Maria, gratia plena. Italia. Sonnet écrit pendant la Semaine Sainte à Gênes. Rome que je n'ai point visitée. Urbs sacra et aeterna. Sonnet composé après l'audition du Dies irae, chanté dans la Chapelle Sixtine. Pâques. E tenebris. Vita nuova. Madonna mia. La chanson d'Itys. Impression du matin. Promenades de Magdalen. Athanasia. Sérénade. Endymion. La Bella donna della mia mente. Chanson. Impressions: I.--Les silhouettes. II.--La fuite de la lune. La tombe de Keats. Théocrite, villanelle. Dans la chambre d'or, harmonie. Ballade de Marguerite, normande. Le Sort de la fille du roi, bretonne. Amor intellectualis. Santa Decca. Une vision. Impression de voyage. La tombe de Shelley. Près de I'Arno. Fabien dei Franchi. Phèdre. Portia. La reine Henriette-Marie. Glukupicros Erôs.

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