‹ Poésies Complètes - Tome 1Chapitre 90 sur 142 · LXXXVII

LXXXVII

Un petit négrillon qui tenait une torche De cire parfumée, attendait sous le porche. Sa livrée écarlate, avec des galons d'or, Était riche et galante.--Allons, dit Juan, beau page. Conduisez ce seigneur par le secret passage. Albertus le suivit.--Au bout d'un corridor Une courtine rouge à demi relevée Se referme sur lui;--flairant son arrivée, Deux grands lévriers blancs, couchés sur le tapis, Hument l'air autour d'eux, lèvent leur longue tête, Poussent entre leurs dents une plainte inquiète, Et puis retombent assoupis.

LXXXVIII

D'honneur, vous eussiez dit un boudoir de duchesse, Tout s'y trouvait:--comfort, élégance et richesse. --Sur un beau guéridon de bois de citronnier Brillait, comme une étoile, une lampe d'albâtre Qui jetait par la chambre un jour doux et bleuâtre. --Des perles, de la soie, un coffre à clous d'acier, De blondes sépias, de fraîches aquarelles, Des albums, des écrans aux découpures frêles, La dernière revue et le nouveau roman, Un masque noir brisé,--mille riens fashionables, Pêle-mêle jetés, jonchaient fauteuils et tables; --C'était un désordre charmant!

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