L'ENVOY.
Or y perra que vous ferez, Et se point ne m'oublierez, Ainsi que j'y ai esperance. Adieu vous dy presentement, Tout Bourgongnon sui vrayement, De cueur, de corps et de puissance.
BALADE.
(Responce de Bourgoigne à Orléans.)
De cueur, de corps et de puissance, Vous mercie tres humblement De vostre bonne souvenance, Qu'avez de moi soingneusement; Or povez faire entierement De moy, en tout bien et honneur, Comme vostre cueur le propose, Et de mon vouloir soyez seur, Quoy que nul dye, ne deppose.
Ne mectez point en oubliance L'estat et le gouvernement De la noble maison de France. Qui se maintient piteusement: Vous saurez tout, quoy et comment; Je n'en dy plus pour le meilleur, Mais on en dit tant et expose, Que c'est à oir grant orreur; Quoy que nul dye, ne deppose.
Pensez à vostre delivrance, Je vous en prie chierement; Car, sans ce, je n'ay esperance Que nous ayons paix nullement, On la heit tant mortellement Que trop peu trouve de faveur, Ne fera, comme je suppose, Se ce n'est par vostre labeur, Quoique nul dye, ne deppose.