‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 102 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Mes amis fault esprouver, S'ilz vouldront à ma priere, Me secourir pour mener, En bons termes, ma matiere.

BALADE.

J'ay tant joué avecques Aage A la paulme, que maintenant J'ay quarante cinq, sur bon gaige Nous jouons, non pas pour neant; Assez me sens fort et puissant De garder mon jeu jusqu'à cy, Ne je ne crains riens que Soussy.

Car Soussy tant me descourage De jouer, et va estouppant Les cops que fiers à l'avantage, Trop seurement est rachassant; Fortune si lui est aidant, Mais Espoir est mon bon amy, Ne je ne crains riens que Soussy.

Vieillesse de douleur enrage, De ce que le jeu dure tant, Et dit en son felon langage, Que les chasses dorenavant Merchera, pour m'estre nuisant; Mais ne m'en chault, je la deffy, Ne je ne crains riens que Soussy.