‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 108 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Dieu en tout, par grace pourvoye, Et ce qui nicement fourvoye A son plaisir, en bien radresse Es mains de ma Dame Jeunesse

BALADE.

Par les fenestres de mes yeulx, Le chault d'amours souloit passer; Mais maintenant que deviens vieulx, Pour la chambre de mon penser, En esté freschement garder, Fermées les feray tenir; Laissant le chault du jour aler Avant que je les face ouvrir.

Aussi en yver le pluvieux, Qui vens et broillars fait lever, L'air d'amour epidimieux Souvent parmy se vient bouter; Si fault les pertuis estouper, Par où pourroit mon cueur ferir, Le temps verray plus net et cler, Avant que je les face ouvrir.

Desormais en sains et seur lieux, Ordonne mon cueur demourer, Et par Nonchaloir, pour le mieulx, Mon medicin soy gouverner; S'Amour à mes huys vient hurter, Pour vouloir vers mon cueur venir, Seurté lui fauldra me donner, Avant que je les face ouvrir.