‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 111 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Les nefz dont cy devant parloye, Montoient, et je descendoye Contre les vagues de tourment; Quant il lui plaira, Dieu m'envoye, A plaisir et à gré, le vent.

BALADE.

L'autre jour je fis assembler Le plus de conseil que povoye, Et vins, bien au long, raconter Comment deffié me tenoye; Comme par lectres monstreroye, De merancolie et douleur, Pourquoy conseiller me vouloye Par les trois estas de mon cueur.

Mon advocat prist à parler, Ainsi qu'anformé je l'avoye; Lors vissiez mes amis pleurer, Quant sceurent le point où j'estoye; Non pourtant je les confortoye, Qu'à l'aide de nostre Seigneur, Bon remede je trouveroye, Par les trois estas de mon cueur.

Espoir, Confort, Loyal penser, Que mes chiefs conseillers nommoye, Se firent fors, sans point doubter, Se par eulx je me gouvernoye, De me trouver chemin et voye D'avoir brief secours de doulceur, Avecques l'aide que j'auroye Par les trois estas de mon cueur.