L'ENVOY.
Aydiez moy à l'oultrecuidance Vengier, com en vous ay fiance, Ma Maistresse, je vous supply De ce faulx Dangier qui m'avance Dieu scet en quel mauvais party.
BALADE.
Loyal espoir, trop je vous voy dormir, Resveilliez vous et joyeuse pensée, Et envoyez ung plaisant souvenir Devers mon cueur, de la plus belle née Dont aujourduy coure la renommée; Vous ferez bien d'ung peu le resjoir, Tristesse s'est avecques lui logiée, Ne lui vueilliez à son besoing faillir.
Car Dangier l'a desrobé de plaisir, Et que pis est, a de lui eslongnée Celle qui plus le povoit enrichir; C'est sa dame tres loyaument amée. Oncques cueur n'eut si dure destinée Pour Dieu, Espoir, venez le secourir, Il a en vous sa fiance fermée, Ne lui vueilliez à son besoing faillir.
Par povreté lui fault son pain querir A l'uis d'Amours par chascune journée, Or lui vueilliez l'aumosne departir De liesse, que tant a désirée: Avancez vous, sans faire demourée Pensez de lui, vous savez son desir, Par vous lui soit quelque grace donnée, Ne lui vueilliez à son besoing faillir.