‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 32 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Je vous supply tres humblement, Amour, aprenez moy comment J'asserray les dez sans faillir; Par quoi puisse, sans plus languir, Gaaingnier le jeu entierement.

BALADE.

Vous, soyez la tres bien venue Vers mon cueur, Joyeuse nouvelle, Avez vous point ma Dame veue? Contez moi quelque chose d'elle; Dictes moy, n'est elle pas telle Qu'estoit? quant derrenierement, Pour m'oster de merencolie, M'escrivy amoureusement: C'estes vous de qui suis amye.

Son vouloir jamais ne se mue, Ce croy je, mais tient la querelle De Loyaulté, qu'a retenue Sa plus prochaine damoiselle; Bien le monstre, sans que le celle, Qu'elle se maintient loyaument, Quant lui plaist, dont je la mercie, Me mander si tres doulcement: C'estes vous de qui suis amye.

Pour le plus eureux soubz la nue Me tiens, quant m'amye s'appelle; Car en tous lieux, où est congneue, Chascun la nomme la plus belle; Dieu doint que, maugré le rebelle Dangier, je la voye briefment, Et que de sa bouche me die: Amy, pensez que seulement C'estes vous de qui suis amye.