‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 62 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Telz beaulx parlers ne sont en compaignie Qu'esbatemens, entre jeunes et vieulx; Contente suis, combien que je m'en rye, Que m'aymez bien, et vous encores mieulx.

BALADE.

Portant harnois rouillé de nonchaloir, Sus monteure foulée de foiblesse, Mal abillé de desireulx vouloir, On m'a croizé, aux montres de liesse, Comme cassé des gaiges de jeunesse; Je ne congnois où je puisse servir, L'arriere ban a fait crier Vieillesse, Las! fauldra il son soudart devenir?

Le bien, que puis avecques elle avoir, N'est que d'un peu d'atrempée sagesse; En lieu de ce, me fauldra recevoir Ennuy, soussy, desplaisir et destresse; Par Dieu! Bon temps, mal me tenez promesse, Vous me deviez contre elle soustenir, Et je voy bien qu'elle sera maistresse, Las! fauldra il son soudart devenir?

Foibles jambes porteront bon vouloir, Puisqu'ainsy est, endurant en humblesse, Prenant confort d'un bien joyeulx espoir, Quant, Dieu mercy, maladie ne presse; Mais loing se tient, et mon corps point ne blesse, C'est ung tresor que doy bien chier tenir, Veu que la fin de menasser ne cesse, Las! fauldra il son soudart devenir?