‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 66 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

Voisent faire jeunes gens leurs essaiz, Car reposer, je me vueil desormaiz; Plus cure n'ay de pensée soingneuse, Comme lassé de la guerre amoureuse.

BALADE.

Yeulx rougis, plains de piteux pleurs, Fourcelle d'espoir reffroidie, Teste enrumée de douleurs, Et troublée de frénésie, Corps percus sans plaisance lye, Cueur du tout pausmé en rigueurs, Voy souvent avoir à plusieurs, Par le vent de merencolie.

Migraine de plaingnans ardeurs, Transe de sommeil mi partie, Fievre frissonnans de maleurs, Chault ardant fort en reverie, Soif que confort ne rassasie, Dueil baigné en froides sueurs. Begayant, et changeant couleurs, Par le vent de merencolie.

Toute tourmentant en langueurs, Colique de forcenerie, Gravelle de soings assailleurs, Raige de desirant folie, Anuys enflans d'ydropisie, Maulx ethiques aussi ailleurs Assourdissent les escouteurs, Par le vent de merencolie.