‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 71 sur 125 · L'ENVOY.

L'ENVOY.

On escript: tant qu'il nous plaira, Es lettres des seigneurs de France; Pareillement de moy sera, Je n'en feray qu'à ma plaisance.

BALADE.

Fortune, vray est vostre compte, Que quant voz biens donné avez, Vous les reprenez; mais, c'est honte, Et don d'enfant, bien le savez; Ainsi faire ne le devez. Voz fais vous mectez à l'enchiere, Chascun ce qu'il en peut, en a, Et ne vous chault comment tout va, Pour Dieu, changez vostre maniere[63].

[Note 63: Nous trouvons le commencement de cette ballade dans un manuscrit de la Bibliothèque royale (_Laval_, 193); la fin manque.]

BALADE.

Escollier de merancolie, A l'estude je suis venu, Lectres de mondaine clergie Espelant atout ung festu, Et moult fort m'y trouve esperdu; Lire, n'escripre, ne scay mye, Des verges de Soussy batu, Es derreniers jours de ma vie.

Pieca, en jeunesse fleurie, Quant de vif entendement fu, J'eusse apris en heure et demye Plus qu'à present; tant ay vesqu, Que d'engin je me sens vaincu; On me deust bien, sans flaterie, Chastier despoillié tout nu, Es derreniers jours de ma vie.

Que voulez vous que je vous die? Je suis pour ung asnyer tenu, Banny de bonne compaignie, Et de nonchaloir retenu Pour le servir, il est conclu; Qui vouldra pour moy estudie, Trop tart je m'y suis entendu, Es derreniers jours de ma vie.