‹ Poésies populaires serbesChapitre 20 sur 92 · X

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MARKO KRALIEVITCH LABOUREUR.

Marko Kralievitch buvait du vin avec la vieille Euphrosine, sa mère, et, lorsqu'ils eurent bu à satiété, sa mère commença à lui dire: «Marko, mon fils, laisse là les aventures[20]; car le mal ne peut amener du bien, et ta vieille mère est lasse de laver des vêtements ensanglantés; prends une charrue et des boeufs, laboure et montagne et vallée, puis sème, mon fils, du blanc froment, afin de nous nourrir tous les deux.»

Marko obéit à sa mère; il prend une charrue et des boeufs; mais, au lieu de montagne ou de vallée, c'est le grand chemin qu'il laboure. Par là passent des janissaires turcs, conduisant trois charges d'or, et ils disent à Marko: «Laisse, ne laboure point les chemins.--Laissez, vous autres Turcs, ne vous inquiétez point si je laboure.--Cesse, Marko, de labourer les chemins.--Allons, Turcs, que vous fait que je laboure? Et, quand cela ennuya Marko, il laissa et boeufs et charrue et tua les janissaires turcs; puis, prenant les trois charges d'or, il les porte à sa vieille mère: «Voilà, dit-il, ce que je t'ai labouré aujourd'hui.»

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