XXVIII
Une fille s'élevait contre le soleil: «Soleil resplendissant, je suis plus belle que toi, et que toi et que ton frère, ton frère, le brillant astre des nuits[1], et que ta soeur l'étoile voyageuse, qui parcourt le ciel serein, comme un berger devant ses brebis.» Le soleil resplendissant se plaignit à Dieu, et Dieu doucement lui répondit: «Soleil resplendissant, mon enfant chéri, ne t'attriste point, ne te mets pas en colère, aisément nous châtierons cette maudite fillette: toi, de tes rayons hâle-lui le visage, et moi, je lui enverrai un mauvais sort, un mauvais sort, de petits beaux-frères, une méchante belle-mère, et un pire beau-père[2]; et elle se souviendra de celui contre qui elle s'élevait.»
[Note 1: On me passera cette périphrase. En serbe, la lune, mécétz, est du masculin.]
[Note 2: Dans la position bien subordonnée des femmes serbes, ce sont là, en effet, de grandes calamités.]