‹ Poésies populaires serbesChapitre 67 sur 92 · XXX - XXXI

XXX - XXXI

Que le temps me paraît long, à demeurer assise à la fenêtre, à toujours regarder sur la mer grise, sur la mer grise, et sa plaine unie, si mon amant y va voguant, si son pavillon flotte au vent, s'il joue de la tamboura, et sur la tamboura s'il me chante.

Une fille est assise au bord de la mer, et elle se dit à elle-même: «Ah! Dieu cher et bon, y a-t-il rien de plus vaste que la mer? Y a-t-il rien de plus large que la plaine? Y a-t-il rien de plus rapide que le cheval? Y a-t-il rien de plus doux que le miel? Y a-t-il rien de plus cher qu'un frère?»

Et un poisson du milieu de l'eau lui dit: «Fille simple et sotte, le ciel est plus vaste que la mer, la mer est plus large que la plaine; les yeux sont plus rapides que le cheval; le sucre est plus doux que le miel; et plus cher que le frère est l'amant.»

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