‹ Pour cause de fin de bailChapitre 14 sur 61 · 12.2

12.2

Un jour, la petite bonne du restaurant dit à Georges :

— Il y a du nouveau.

— Ah !

— Je quitte la boîte.

— Ah !

— Oui, on m’a offert une place dans un magasin du boulevard où l’on vend un apéritif grec, le Kina Passonrigolo. C’est moi qui tiendrai le comptoir de dégustation. Vous me viendrez voir ?

Le reste, vous le devinez ! (Vous avez bien deviné que la petite s’appelait Eugénie.)

Georges remplaça son absorption d’aliments solides par une égale consommation d’apéritif breuvage.

Et sa bonne vieille grand-mère fut radieuse de lui voir tant d’appétit revenu !

Oui, mais voilà !

(Ou plutôt voici :)

Eugénie, en changeant de fonction, également changea d’âme. De vertueuse qu’elle était, elle devint la plus lubrique des maîtresses, et le pauvre Georges en vit de dures !

(Eugénie aussi, comme de juste, mais n’insistons pas, rapport à notre clientèle de jeunes filles.)

Georges maigrit, maigrit, maigrit !

Et la bonne vieille maman disait tout éplorée :

— Je n’y comprends rien, mon pauvre Georges ! Tant que tu ne mangeais pas, tu avais une mine superbe, et maintenant que tu dévores, tu as l’air d’un déterré ! Quelle drôle de complexion !

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