‹ Quelques créatures de ce tempsChapitre 8 sur 10 · V

V

J'aperçus mon monsieur Thomas à côté d'un musicien, dans l'orchestre. Il dévorait du regard la petite Marie, qui jouait avec ses yeux bleus et ses cheveux noirs.

C'était d'Outreville qui m'avait entraîné aux Délassements-Comiques, pour voir ce qu'il appelait «sa petite machine», l'Amour au Mont-de-piété.--Quoique d'Outreville fût mon ami, sa pièce ne me parut pas plus stupide qu'à un autre.

--Eh bien! trouves-tu ça assez Beaumarchais, hein?

--Trop!

Il me serra la main.--Allons dans les coulisses!--Dis donc, Marie,--fit d'Outreville en lui parlant tout haut à l'oreille,--et tes amours avec M. Thomas?

--Comment, vous qui êtes un bon enfant, vous allez vous ficher de ce pauvre toqué qui m'aime--et moi aussi! Eh bien! il m'a demandé ma main, n'a! Maman va le flanquer à la porte comme un balai. Il n'a pas le sou, que voulez-vous? Maman a vécu: elle sait la vie, n'est-ce pas?

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