‹ Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome IIChapitre 20 sur 24 · CHAPITRE XIX.

CHAPITRE XIX.

Résumé.

Maintenant, si nous résumons ce long article des Babyloniens, nous trouverons pour principaux résultats:

1° Que Babylone n’eut de rois héréditaires et indépendants connus, que pendant environ 80 ans, ou 1 siècle au plus, c’est-à-dire depuis Nabopol-asar inclusivement, jusqu’à la conquête des Perses, sous Kyrus;

2° Qu’avant Nabopol-asar, remontant jusqu’à Bélésys-Mérodak, ses rois purent jouir, pendant un temps, de l’indépendance accordée à tous les sujets de Ninive renversée; mais qu’ensuite ils reconnurent la suzeraineté des Mèdes jusqu’au règne de Nabopol-asar;

3° Qu’avant Bélésys ses rois ne furent réellement que des pachas ou satrapes du grand roi, ou sultan de Ninive, maître de toute la Haute-Asie depuis Ninus et Sémiramis;

4° Que Sémiramis fut véritablement la fondatrice de la grande Babylone, par la création qu’elle fit des ouvrages de fortification et d’assainissement auxquels cette cité dut sa splendeur;

5° Qu’avant Sémiramis il existait en ce même lieu un temple de Bel ayant la forme d’une pyramide, que les traditions chaldéo-juives désignent sous le nom de tour de Babylon ou Babel, et les historiens grecs sous les noms divers de palais, de tombeau, de citadelle, de tour de Bel;

6° Que cette tour ou pyramide fut essentiellement un observatoire d’astronomie, le foyer antique et mystérieux des sciences de ces prêtres chaldéens dont les Grecs font remonter l’origine à des temps inconnus; ce qui s’accorde très-bien avec la date de 3195 ans avant J.-C., que les calculs phéniciens et juifs assignent à la fondation de cette tour;

7° Qu’un établissement de ce genre prouve l’existence d’un peuple civilisé tel que l’indique Ktésias à l’époque où Ninus subjugua la Babylonie;

8° Que ce peuple fut d’origine et de sang arabe, spécialement de la branche éthiopienne ou Kushite, ce qui lui donne des affinités particulières avec les nations phéniciennes;

9° Que ces affinités sont confirmées par le langage et par le système alphabétique appelés chaldaïques, dont on trouve l’usage chez les Chaldéens jusqu’à une époque très-reculée;

10° Que si maintenant les briques des murs de Babylone nous offrent une écriture d’un système différent, c’est parce que Sémiramis, qui bâtit ces murs, dut employer l’écriture du peuple vainqueur qu’elle commandait, c’est-à-dire les caractères assyriens que Darius fit graver sur le monument de sa guerre contre les Scythes; et si Darius employa ces caractères assyriens, c’est parce que ceux des Perses ses sujets étaient du même système, et que sans doute ils en avaient été empruntés pendant les 500 ans que les Perses furent gouvernés par les Assyriens de Sémiramis. Nous pourrions pousser plus loin nos inductions sur ces antiquités; mais nous aurons l’occasion de les reprendre dans l’article des Égyptiens, dont il nous reste à traiter.

CHRONOLOGIE

DES

ÉGYPTIENS.

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