‹ Réflexions ou sentences et maximes moralesChapitre 30 sur 118 · XCVII - XCVIII

XCVII - XCVIII

Le premier mouvement de joie que nous avons du bonheur de nos amis ne vient ni de la bonté de notre naturel, ni de l'amitié que nous avons pour eux; c'est un effet de l'amour-propre qui nous flatte de l'espérance d'être heureux à notre tour ou de retirer quelque utilité de leur bonne fortune.

Nous nous persuadons souvent mal à propos d'aimer les gens plus puissants que nous; l'intérêt seul produit notre amitié, et nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir.