‹ Réflexions ou sentences et maximes moralesChapitre 44 sur 118 · CXLVI - CXLVII - CXLVIII

CXLVI - CXLVII - CXLVIII

C'est plutôt par l'estime de nos propres sentiments que nous exagérons les bonnes qualités des autres, que par leur mérite; et nous nous louons en effet, lorsqu'il semble que nous leur donnons des louanges.

La modestie, qui semble refuser les louanges, n'est en effet qu'un désir d'en avoir de plus délicates.

On n'aime point à louer, et on ne loue jamais personne sans intérêt. La louange est une flatterie habile, cachée, et délicate, qui satisfait différemment celui qui la donne, et celui qui la reçoit. L'un la prend comme une récompense de son mérite; l'autre la donne pour faire remarquer son équité et son discernement.