‹ Saint Michel et le Mont-Saint-MichelChapitre 40 sur 75 · III

III

AUMONERIE

L’aumônerie, ou salle des Aumônes, est composée de deux nefs. Les voûtes d’arêtes, de forme ogivale, reposent sur une épine de fortes colonnes dont la base et le chapiteau sont carrés. Elle est éclairée par huit fenêtres étroites à voussures profondes, percées entre les contreforts, deux à l’est et six au nord, divisées par un linteau dans la hauteur, largement évasées à l’intérieur de la salle et munies d’un banc en pierre dans l’ébrasement.

La porte s’ouvre au sud sur une petite cour; sous le porche qui la précède se trouve l’entrée de l’escalier renfermé dans la tour, dite des Corbins, qui cantonne l’angle sud-est de la Merveille. Cet escalier aboutit au dortoir et au chéneau du comble vers le sud, après avoir donné accès, à mi-hauteur, au crénelage de la courtine du châtelet.

Pendant le cours des études faites en 1872 pour la Commission des Monuments historiques, nous avons découvert, près de la porte d’entrée du sud, les débris d’un fourneau, et, au milieu des débris d’argile calcinée, quelques morceaux d’une coulée de métal blanc couvert d’oxyde vert, indiquant un alliage où le cuivre existe en assez grande quantité. Ce sont peut-être les restes d’un métal préparé pour la fabrication de cloches ou des monnaies obsidionales, que les abbés du Mont furent autorisés à émettre, sous le règne de Charles VII, pendant les guerres des Anglais.

A l’extrémité de la salle de l’Aumônerie, vers l’ouest, une ouverture la fait communiquer à niveau avec le cellier. Cette baie à double feuillure présente une disposition particulière permettant de la clore par deux vantaux superposés, qui, vers l’aumônerie, étaient maintenus fortement fermés chacun par une traverse, engagée d’un côté dans une mortaise pratiquée sur un des pieds-droits, et de l’autre dans la muraille où, au moment de l’ouverture des vantaux, elle était logée, de toute la largeur de la porte, dans une ouverture carrée pratiquée à cet effet.

A droite de la double porte se trouve l’entrée de l’escalier ménagé dans l’épaisseur du contrefort, au point de jonction des deux bâtiments est et ouest. Cet escalier monte à la salle des Chevaliers, au dortoir, et aboutit au crénelage du nord au-dessus du dortoir.

Page 1