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Chapitre 1

SEPT ANS EN AFRIQUE OCCIDENTALE

LA CÔTE DES ESCLAVES ET LE DAHOMEY

PAR L’Abbé PIERRE BOUCHE ANCIEN MISSIONNAIRE

Ouvrage accompagné d’une carte

PARIS LIBRAIRIE PLON E. PLON, NOURRIT et Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS RUE GARANCIÈRE, 10

1885 Tous droits réservés

L’auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de traduction et de reproduction à l’étranger.

Ce volume a été déposé au ministère de l’intérieur (section de la librairie) en janvier 1885.

PARIS.--TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET Cie, RUE GARANCIÈRE, 8.

AU LECTEUR

Si de nos jours on voyage beaucoup en Afrique, on se borna longtemps à y entretenir des relations avec les peuples de la côte. Aussi, les divisions géographiques portent souvent la dénomination de côtes: Côte d’ivoire, Côte du poivre, Côte d’or. Du Volta au Niger s’étend une côte tristement célèbre par le trafic infâme que l’on y fit des Nègres: c’est la CÔTE DES ESCLAVES, ainsi nommée parce que les marchands d’esclaves allaient s’approvisionner là de préférence.

Je connais cette côte, pour y avoir séjourné sept ans: de janvier à septembre 1866, à Porto-Novo; de septembre 1866 à avril 1868, à Wydah, ville du Dahomey, d’où je revins à Porto-Novo. Je partis six mois après pour Lagos, où je demeurai d’octobre 1868 à décembre 1869.

Dans un second voyage, je séjournai à Lagos de janvier 1873 au 21 mai 1874, date à laquelle je partis pour le pays des Minas. Je demeurai à Agoué jusqu’en juillet 1875. En juillet je partis pour Lagos, où je m’embarquai pour l’Europe.

Pendant les sept années de mon séjour à la Côte des Esclaves, j’habitai donc les points principaux de cette contrée; je m’appliquai à l’instruction et à l’éducation, au soin des malades, au ministère apostolique, à la direction des affaires de la Mission, à l’installation de deux résidences, chez des peuples différents d’origine et de mœurs. Je fus supérieur dans chacune des résidences; je remplis même les fonctions de Vice-Préfet apostolique du Vicariat. Dans ces emplois, je fus en relation avec des Noirs de tout âge, de toute condition, de nationalités diverses; et je puis affirmer sans aucune présomption que je connais le Noir de la Côte des Esclaves.

Je voudrais aussi le faire connaître, ce peuple digne de pitié sur lequel on a fait longtemps peser le joug de l’esclavage et du mépris. Mieux connu, le Nègre nous apparaîtra tel qu’il est; et nous n’aurons pas de peine à saluer en lui l’homme et le frère: frère déchu, dégradé par l’ignorance et la corruption du paganisme; frère malheureux, longtemps opprimé, à qui nous devons au moins la pitié et la compassion que commande l’infortune.

Ponlat-Taillebourg, près Montréjeau (Haute-Garonne).

LA CÔTE DES ESCLAVES

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