I
Ambatolampy (Madagascar), 16 mai 1909.
Je suis depuis deux jours à l'hôpital de X. auprès de ma Sœur Ste-R., atteinte de fièvre bilieuse hématurique. Le cas est mortel. Deux Européens de Tananarive viennent d'être enlevés en quarante-huit heures par cette maladie. Notre si chère Sœur a été plusieurs fois sur le point d'expirer; un miracle seul peut la sauver, nous le demandons ardemment à Notre-Dame de Lourdes par l'intercession de l'angélique Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
13 août 1909.
Quelques heures après mon arrivée, les derniers sacrements furent administrés à la chère malade. Elle fit généreusement le sacrifice de sa vie, disant qu'elle était heureuse de mourir missionnaire...
Nous avions perdu tout espoir. Nos Malgaches étaient inconsolables; ils assiégeaient les portes de l'hôpital pour essayer de voir leur bonne Mère une dernière fois.
Le lundi 17 mai, vers 6 h. du soir, une dernière absolution lui fut donnée. Tout à coup elle m'appela et me dit d'un accent dont je fus frappée: «Vous savez ma Mère, que jusqu'à ce jour j'ai cru que j'allais mourir. Eh bien, ce soir je sens naître la confiance...»
Depuis lors notre chère Sœur alla mieux; maintenant elle est guérie. Gloire et reconnaissance à Notre-Dame de Lourdes et à Thérèse de l'Enfant-Jésus!