‹ Souvenirs d'égotisme autobiographie et lettres inédites publiées par Casimir StryienskiChapitre 78 sur 114 · LX

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AU BARON DE MARESTE.

Milan, le 15 octobre 1817[266].

Jugez du plaisir que m’a fait votre lettre, je n’ai pas encore de journaux!--Je suis ravi de la défaite des jacobins Manuel, Laffitte et consorts. Dites-moi comment on a mis le désordre parmi eux. Ensuite, je ne conçois pas la peur du bon parti. Que feraient cinq ou six bavards de plus?--La généralité de la France a nommé de gros butors, qui seront toujours du parti de notre admirable Maisonnette[267]. Je suis peiné à fond de ce que vous me dites de Besançon[268], qui n’a pas encore son affaire. Ceci est un exemple pour Henri. Il est résolu à ne prendre de place qu’à la dernière extrémité. Or, il a encore 6,000 fr. pour six ans. Cependant voici son état de services. Je vous prie de mettre tous vos soins aux articles.--Maisonnette va croître en puissance et, en ayant le courage d’attendre cinq ou six mois, nous serons _articulés, id est_ vendus. Ne pourrait-on pas essayer de faire passer au _Constitutionnel_ et au _Mercure_, l’article de Crozet?--En attendant, faisons parler le _Journal général_, ou même les _Lettres Champenoises_. Quant aux _Débats_, Maisonnette pourrait se réduire à les prier de parler, même _en mal_. Je finis par répéter qu’en en parlant à Maisonnette tous les quinze jours, d’ici à six mois nous obtiendrons l’insertion. Quand ce serait d’ici à un an, mieux vaut tard que jamais.

Je suis bien fâché de la paresse de Crozet. Ça vous aurait fait une maison charmante; sa femme est pleine d’esprit naturel; vous y auriez présenté deux ou trois hommes de sens; c’était un excellent endroit pour être les pieds sur les chenets. Grondez-le ferme afin qu’en dépit de la grande maxime, il se repente.

Adieu, parlez de moi à Mme Chanson et à Maisonnette. Je parle de vous à Hélie, qui est tout à fait supérieur[269].