XVIII.]
[17: Ma dextérité. Mon service n'en exigeait pas beaucoup. Les officiers qui concouraient à la toilette du prince étaient multipliés bien au-delà du besoin. Rien de plus juste que ce qu'en dit le grand Frédéric dans ce dialogue transcrit par Champfort.
«Le roi.--Allons, Darget, divertis-moi; conte-moi l'étiquette du roi de France: commence par son lever.»
Alors Darget entre dans tout le détail de ce qui se fait, dénombre les officiers, leurs fonctions, etc.
«Le roi (en éclatant de rire).--Ah! grand Dieu! si j'étais roi de France, je ferais un autre roi pour faire toutes ces choses-là à ma place.»]
[18: Voici ce quatrain:
Dans le temps des chaleurs extrêmes, Heureux d'amuser vos loisirs, Je saurai près de vous appeler les zéphyrs; Les amours y viendront d'eux-mêmes.
Ce joli quatrain se trouve dans les diverses éditions des oeuvres de Lemière, à commencer par celle de 1774; et c'est en 1783 ou 1784 que Monsieur le transcrivit de sa main quasi-royale sur l'éventail de la plus gracieuse et de la plus infortunée des reines. Il n'en est pas d'un ouvrage d'esprit comme d'une province qui reste en définitive au prince qui s'en empare. Un poète qui en pille un autre n'est pas conquérant, mais plagiaire, titre moins honorable. En lui donnant ce quatrain qu'il avait emprunté, les éditeurs des oeuvres de Louis XVIII l'ont calomnié. Cette note a surtout pour but sa justification.]
[19: Vers sur la tragédie de Charles IX. Dans l'Esprit des Journaux, compilation qui pourrait faire croire que les journaux n'avaient pas d'esprit, et qui s'imprimait à Bruxelles chez Weissembruck, on trouve à la suite de ces vers la note suivante:
«Les vers qu'on vient de lire faisaient partie de la Correspondance littéraire de La Harpe. L'auteur en obtint de l'éditeur la suppression, à l'instant où les tomes V et VI allaient être mis en vente; on substitua aux vers de M. Arnault le conte de M. Andrieux, intitulé: le Moulin de Sans-Souci. Il n'existe peut-être pas deux exemplaires du tome VI de la Correspondance de la Harpe dans lesquels on trouve la pièce de M. Arnault. L'auteur contre qui elle est dirigée n'existant plus, nous n'avons vu aucun inconvénient à la publier.»
Étrange délicatesse que celle de l'imprimeur Weissembruck! Se croire en droit de publier une pièce surprise à son auteur, parce que la personne qui s'y trouve attaquée n'existe plus! Est-ce bien au mort que cette publication-là pourrait nuire? La délicatesse de M. Bouchot est d'une tout autre nature: c'est celle d'un homme de coeur et d'un homme d'esprit.]
[20: Receveur général et régent de la Banque.]
[21: GORSAS. Dans les déclamations qui remplirent sa feuille à cette occasion, il prétendait que Mesdames ne possédaient, rien en propre; que leur bagage, propriété nationale, appartenait à tout le monde, excepté à elles. «Vous emportez mes chemises!» s'écriait-il avec l'emphase la plus bouffonne. À en croire l'auteur de la chanson, les officiers municipaux d'Arnai-le-Duc ont pris la chose au pied de la lettre, et l'arrestation de ces princesses n'aurait eu pour but que de vérifier si les réclamations du journaliste étaient fondées. Le procès-verbal de cet inventaire fut publié sur l'air Rendez-moi mon écuelle de bois.
Si Gorsas fut ridicule, il ne fut pas atroce. Il eut l'honneur de mourir avec les girondins.]
[22: CAZALES pensait à la vérité que cette souveraineté ne se manifestait que par l'acte qui connaît le pouvoir au prince que le peuple se choisissait; il ne trouvait pas cela incompatible avec le principe de la légitimité que son parti fondait sur le droit divin.]
[23: Bigre n'est pas français. Je prie le lecteur de me pardonner ce barbarisme.]
[24: Le maître de la garde-robe, un des premiers officiers de la maison des princes. Chez nos rois, le grand-maître de la garde-robe était ce que fut dans l'antiquité ce proto-vestiarius, qui avait le soin et la direction de tout ce qui concernait le vestiaire des empereurs d'Orient. Cette charge, exercée par les plus grands seigneurs, était depuis 1718 dans la famille de La Rochefoucauld. Le duc de Liancourt était grand-maître de la garde-robe de Louis XVI.]
[25: «Avant d'aller plus loin, dit l'auteur du Voyage à Coblentz, il est bon d'observer que mon premier valet de chambre couchait toujours dans ma chambre, ce qui semblait être un obstacle à ma sortie, à moins de le mettre dans ma confidence. Mais je m'étais assuré par une répétition faite deux jours avant, que j'avais beaucoup plus de temps qu'il ne m'en fallait pour me lever, allumer de la lumière, et passer dans mon cabinet avant qu'il fût déshabillé et revenu dans ma chambre.»]
[26: Il m'habilla, et quand je le fus. Cette licence n'est pas la seule que se soit permise l'auteur du Voyage à Coblentz; tantôt il se dit un peu trop lourd pour monter ou descendre facilement de cabriolet; tantôt il allume, non pas une bougie, mais de la lumière: ces négligences prêtent sans contredit du naturel à son style, mais peut-être a-t-il poussé sous ce rapport la recherche un peu loin. Voir, pour s'en assurer, les observations publiées sur le Voyage à Coblentz, le 1er avril 1823, par l'un des plus spirituels et des plus indulgens rédacteurs du Miroir, journal qui ne fut supprimé par ordre de Sa Majesté qu'un mois après.]
[27: DESPRÉAUX qui n'est pas Boileau. Il s'agit ici de Despréaux, d'abord danseur à l'Opéra, puis auteur de chansons, de vaudevilles et de parodies; celle de Pénélope est son Cid. Il y avait dans tout cela plus de bouffonnerie que de malice, et plus de naturel que d'élégance. Despréaux, qui a fait un poème sur l'art de la danse (parodie de l'Art poétique de Boileau), s'étonnait qu'on n'eût pas créé dans l'Institut, classe des beaux-arts, une section d'académiciens dansans. Il se fondait pour cela sur des argumens presque aussi forts que ceux dont se prévaut le maître de danse de M. Jourdain pour démontrer l'excellence de son art. Sur tout autre article, il parlait en homme d'esprit.
Les vers de ce Despréaux-là étaient classiques pour l'auteur du Voyage à Coblentz. Il les cite comme ceux d'Horace et de Quinault. Voyez audit Voyage, page 46.]
[28: Regnauld de Saint-Jean d'Angély.]
[29: Les causes grasses servaient de matière à des procès fictifs qui, pendant les jours gras, s'instruisaient et se plaidaient à la basoche, tribunal sans appel en carnaval.]
[30: Assignat de la valeur de 5 francs.]
[31: Quelques CORSETS. Ainsi, du nom de leur signataire, se nommaient certains assignats. Corset, comme Améric-Vespuce, a donné son nom à ce qu'il n'avait pas inventé ou trouvé; l'un et l'autre en latin sont synonymes.]
[32: M. de Pourceaugnac, acte 1er, scène XI.]
[33: LES POINTUS. Jérôme pointu, Eustache pointu, Boniface pointu, n'ont pas été moins célèbres que les Agamemnon, les Thyeste et les Oreste. Leur immortalité, il est vrai, a duré moins long-temps.]
[34: Ainsi, les révolutionnaires, à qui je n'avais cessé d'être hostile, m'ont été moins durs en 1792 qu'en 1813 ne le furent les princes pour lesquels je m'étais si gravement compromis.]
[35: On désignait dès lors les divers emplois de l'opéra-comique par le nom des acteurs qui avaient excellé ou qui excellaient dans ces emplois.]
[36: Tout le monde connaît les voyages de ce philosophe dont Voltaire nous à transmis l'histoire. Après avoir couru le monde, Je résolus de ne plus voir que mes pénates, dit Scarmentado. Cette résolution prouve qu'il avait tiré quelque profit de ses courses.
Scarmentado vient de l'espagnol escarmentado, qui veut dire redressé, corrigé par l'expérience, l'analogue de ce mot manque au français.]