V.
Les physiciens regardent l’air comme le chaos universel de tous les corps. On peut dire qu’il n’est presque qu’une eau fine, dans laquelle ils nagent, tant qu’ils sont plus légers qu’elle. Lorsque le soutien de cette eau, ce ressort inconnu par lequel nous vivons, & qui constitue, ou est lui-même l’air proprement dit, lors, dis-je, que ce ressort n’a plus la force de porter les graines dispersées dans toute l’atmosphère, elles tombent sur la terre par leur propre poids ; ou elles sont jetées çà & là par les vents sur sa surface. De là toutes ces productions végétales, qui couvrent souvent tout-à-coup les fossés, les murailles, les marais, les eaux croupies, qui étoient, il y a peu de temps, sans herbe & sans verdure.
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