‹ Système d’EpicureChapitre 85 sur 85 · XCIII.

XCIII.

Je vous salue, heureux climats, où tout homme qui vit comme les autres, peut penser autrement que les autres ; où les théologiens ne sont pas plus juges des philosophes qu’ils ne sont faits pour l’être ; où la liberté de l’esprit, le plus bel apanage de l’humanité, n’est point enchaînée par les préjugés ; où l’on n’a point honte de dire ce qu’on ne rougit point de penser ; où l’on ne court point risque d’être le martyr de la doctrine dont on est apôtre. Je vous salue, patrie déjà célebrée par les philosophes, où tous ceux que la tyrannie persécute, trouvent (s’ils ont du mérite & de la probité) non un asyle assuré, mais un port glorieux ; où l’on sent combien les conquêtes de l’esprit sont au-dessus de toutes les autres ; où le philosophe enfin comblé d’honneurs & de bienfaits, ne passe pour un monstre que dans l’esprit de ceux qui n’en ont point. Puissiez-vous, heureuse terre, fleurir de plus en plus ! Puissiez-vous sentir tout votre bonheur, & vous rendre en tout, s’il se peut, digne du grand homme que vous avez pour roi ! Muses, graces, amours, & vous, sage Minerve, en couronnant des plus beaux lauriers l’auguste front du Julien moderne, aussi digne de gouverner que l’ancien, aussi savant, aussi bel esprit, aussi philosophe, vous ne couronnez que votre ouvrage.

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[1] [Note - On en a déjà parlé dans l’homme machine.]

[2] [Note - Voyez l’hypothese nouvelle & ingénieuse de Mr de Buffon.]

[3] [Note - Boerh. Elem. Chem. T. I. de Igne.]

[4] [Note - Esprit des loix, T. I]

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œuvre du domaine public

Source :

B.N.F. - Wikisource

Ont contribué à cette édition :

Gabriel Cabos

Fontes :
David Rakowski's
Manfred Klein
Dan Sayers
Justus Erich Walbaum - Khunrath

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