‹ Textes de jeunesse Tome IIChapitre 12 sur 49 · 2.6

2.6

Pourtant il est si triste de penser qu’après la mort tout s’en va. Oh non, non, vite un prêtre, un prêtre qui me dise, qui me prouve, qui me persuade que l’âme existe dans le corps de l’homme.

Un prêtre. Mais lequel ira-t-on chercher ?

— Celui-là dîne chez l’archevêque.

— Un autre fait le catéchisme.

— Un troisième n’a pas le temps.

Eh quoi donc ils me laisseront mourir. Moi qui me tords les bras de désespoir, qui appelle à moi une bénédiction ou une malédiction, qui appelle la haine ou l’amour, Dieu ou Satan (Ah Satan va venir, je le sens).

Au secours. Hélas personne ne me répond.

Cherchons encore.

J’ai cherché et je n’ai (pas) trouvé, j’ai frappé à la porte, personne ne m’a ouvert et on m’y a fait languir de froid et de misère, – si bien que j’ai failli en mourir.

En passant dans une rue sombre, tortueuse et étroite, j’ai entendu des paroles mielleuses et lascives, j’ai entendu des soupirs entrecoupés par des baisers, j’ai entendu des mots de volupté, et j’ai vu un prêtre et une prostituée qui blasphémaient Dieu et qui dansaient des danses impudiques. J’ai détourné (la vue) et j’ai pleuré – Mon pied heurta quelque chose. C’était un Christ en bronze. Un Christ dans la boue –