‹ Traité élémentaire de la peinture,, avec 58 figures d'après les dessins originaux de Le Poussin, dont 34 en taille-douceChapitre 81 sur 299 · CHAPITRE CIII.

CHAPITRE CIII.

A quelle distance de la vue les couleurs des choses se perdent entièrement.

Les couleurs des choses se perdent entièrement dans une distance plus ou moins grande, selon que l'oeil et l'objet sont plus ou moins élevés de terre: voici la preuve de cette proposition. L'air est plus ou moins épais, selon qu'il est plus proche ou plus éloigné de la terre: il s'ensuit de-là que si l'oeil et l'objet sont près de la terre, l'épaisseur et la grossièreté de l'air qui est entre l'oeil et l'objet, sera très-grande, et elle obscurcira beaucoup la couleur de l'objet; mais si l'oeil et l'objet sont fort éloignés de la terre, l'air qui est entre deux ne changera presque rien à la couleur de l'objet: enfin la variété et la dégradation des couleurs d'un objet, dépend non-seulement de la lumière qui n'est pas toujours la même aux différentes heures du jour, mais aussi de la grossièreté et de la subtilité de l'air, au travers duquel les couleurs des objets sont portées à l'oeil.

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