Un cadet de famille
Alexandre Dumas
Un cadet de famille
1856
Un texte du domaine public.
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Crédits :
Sources :
- Michel Lévy Frères, 1874
- Bibliothèque Électronique du Québec
Ont contribué à cette édition :
- Association de Promotion de l'Ecriture et de la Lecture
Fontes :
- David Rakowski's
- Manfred Klein
- Philipp H. Poll
Mon cher Éditeur,
Lisez le roman, les mémoires, les aventures, la chose enfin que je vous envoie, et que je viens de publier dans le Mousquetaire, sous le titre du Cadet de famille.
Ce sont les aventures de jeunesse du fameux pirate Trelawnay, ami de lord Byron.
Il y avait autrefois un libraire modèle qu’on appelait Dumont. Il fut alors ce qu’est aujourd’hui Cadot, l’étoile du cabinet littéraire dans le ciel de la librairie. Ils sont d’ailleurs les deux bouts d’une ligne d’horizon qui aboutit à moi. Dumont fut mon premier, Cadot sera probablement mon dernier libraire. J’allai un jour, je ne sais pourquoi, dans la librairie de Dumont. Il y a bien longtemps de cela, mon cher Éditeur : il y a quelque chose comme trente ans. Je faisais Henri III.
— Lisez donc cela, me dit Dumont en me remettant trois volumes dans la main, c’est amusant en diable.
— Qu’est-ce que c’est que cela, Dumont ?
— Un livre que je viens de faire traduire.
Je n’avais pas une énorme confiance dans le goût littéraire de Dumont, qui venait de refuser d’imprimer mon premier volume, les Nouvelles contemporaines. J’ouvris donc son livre, je dois le dire, avec une certaine nonchalance.
J’y fus pris ; je lus le livre de la première à la dernière page.
D’autres y furent pris comme moi, sans doute, car lorsque, vingt-six ou vingt-huit ans après, voulant relire ce livre, qui m’avait tant plu pendant ma jeunesse, j’allais écrire mon enfance : ce que c’est que d’être vieux ! je ne le pus retrouver.
J’eus alors l’idée de le faire traduire, et de le publier dans le Mousquetaire. Je m’adressai à un de mes amis, garçon fort habile et que j’aime beaucoup, nommé Victor Perceval, et je le chargeai de ce travail.
Ce travail accompli, à ma grande satisfaction, je le publiai dans le Mousquetaire.
Publiez-le à votre tour, mon cher Éditeur ; mettez-le dans votre collection, et je vous promets qu’il ne la déparera en aucune façon.
Tout à vous.
A. Dumas.
20 août 1856.
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