VI.
Tamara triste, agitée par la fièvre, vient souvent s’asseoir auprès de la fenêtre. Là, seule, irrésolue, elle regarde au loin avec un œil attentif, soupire, et attend !… Une voix murmure à son oreille : « Il viendra. » Ce n’était pas en vain qu’il lui apparaissait avec des yeux pleins d’une tristesse douce et des paroles de sublime tendresse : Depuis longtemps déjà elle s’épuise sans savoir pourquoi. Veut-elle prier les saintes ? c’est à lui que son cœur s’adresse ; accablée par cette lutte incessante se penche-t-elle sur sa couche, son oreiller la brûle, elle suffoque horriblement, s’éveille en sursaut et frissonne ; ses épaules et sa gorge sont enflammées, elle peut à peine respirer, ses yeux s’obscurcissent, ses bras étendus cherchent avec passion un être imaginaire, tandis que des baisers expirent sur ses lèvres…