‹ Un mystérieux amourChapitre 30 sur 32 · XIV

XIV

L’Histoire

Histoire, tu n’es plus cette muse élégante Qui soumettait Dieu même à des décrets hautains Et qui nous le montrait, d’une plume fringante, Balançant le succès des combats incertains.

Toi que nous avons vue, injuste et provocante, Couronner les héros avec des airs mutins, Tu te troubles, pauvrette, en ta candeur piquante, Devant l’enchaînement terrible des destins.

Aujourd’hui tu pressens ta rude et noble tâche; L’immense drame humain se poursuit sans relâche, Sur chaque événement il pèse tout entier.

Lève-toi donc, déesse, et, de tes orteils roses Foulant les durs cailloux d’un âpre et long sentier, Remonte lentement vers les lointaines causes.

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