I. SCIENCES ET ARTS
* Introduction et dictionnaires.
I. Sciences philosophiques.
1. Introduction, histoire et dictionnaires. 2. Philosophie générale et mélanges. 3. Logique. 4. Métaphysique. 5. Morale. 6. Applications de la morale.
A. Économie. B. Politique. C. Économie politique, avec les applications de cette science à l'économie sociale.
II. Sciences physiques et chimiques.
1. Physique proprement dite. 2. Chimie.
III. Sciences Naturelles.
1. Généralités. 2. Géologie. 3. Botanique. 4. Zoologie, ou histoire naturelle des animaux. 5. Mélanges d'histoire naturelle et de physique. 6. Écarts de la nature; monstres; prodiges. 7. Cabinets et collections d'histoire naturelle, préparation et conservation des objets. 8. Appendice de l'histoire naturelle: agriculture et économie rurale.
IV. Sciences médicales.
1. Introduction.
A. Histoire. B. Écrits sur la médecine et pour ou contre cette science. C. Dictionnaires et bibliothèques de médecine. D. Traités préparatoires à l'étude de la médecine.
2. Traités généraux. 3. Anatomie. 4. Physiologie. 5. Hygiène. 6. Pathologie médicale. 7. Séméiologie, ou traité sur les signes des maladies. 8. Spécialités médicales. 9. Thérapeutique; matière médicale, générale et spéciale. 10. Médecine légale. 11. Mélanges et journaux de médecine. 12. Chirurgie. 13. Pharmacie et pharmacopée; secrets de médecine. 14. Médecine vétérinaire et traités d'hippiatrique.
V. Sciences mathématiques.
1. Généralités. 2. Mathématiques pures. 3. Mathématiques appliquées.
A. Calcul des probabilités. B. Mécanique. C. Astronomie. D. Optique, dioptrique, catoptrique et perspective. E. Marine. F. Art militaire. G. Génie des ponts et chaussées; chemins de fer; canaux.
VI. Appendice aux sciences.
1. Philosophie occulte.
A. Introduction et histoire; dictionnaires. B. Cabale et magie. C. Apparitions, démons, possessions, exorcismes, sortilèges et choses analogues. D. Divination par les songes, par les signes[509] de la main, par les cartes.
2. Alchimie. 3. Astrologie, prédictions astrologiques et autres pronostications.
VII. Arts.
1. Mnémonique ou art de la mémoire naturelle et artificielle. 2. Écriture et autres moyens de représenter la parole.
A. Calligraphie, polygraphie, cryptographie, sténographie, tachéographie, télégraphie. B. Typographie.
3. Beaux-Arts.
A. Introduction, histoire, dictionnaires, philosophie des beaux-arts. B. Arts du dessin. a. Dessin proprement dit, lithographie. b. Photographie. c. Peinture. d. Gravure. e. Sculpture. f. Architecture. C. Musique.
VIII. Arts mécaniques et métiers.
1. Dictionnaires et traités généraux, mélanges, expositions de l'industrie. 2. Pyrotechnie: art de l'artificier; fonderie; verrerie, etc. 3. Art de tourner; industries manufacturières; travaux à l'aiguille; métiers. 4. Traités sur l'art culinaire.
IX. Exercices Gymnastiques.
1. Lutte et escrime. 2. Équitation. 3. Natation. 4. Danse. 5. Chasses et pêches.
X. Jeux Divers.
O. BELLES-LETTRES
I. Linguistique.
1. Introduction.
A. Rapports de l'écriture avec le langage. B. Origine et formation des langues, étymologie générale. C. Grammaire générale et mélanges de grammaire. D. Comparaison des langues, alphabets, grammaires et vocabulaires polyglottes généraux.
2. Langues européennes anciennes et modernes. 3. Langues asiatiques. 4. Langues africaines. 5. Langues américaines.
II. Rhétorique.
* Rhéteurs.
1. Introduction. 2. Rhéteurs grecs. 3. Rhéteurs latins anciens, et rhéteurs modernes qui ont écrit en latin. 4. Rhéteurs français, italiens, espagnols et anglais. 5. Rhéteurs orientaux.
** Orateurs[510].
1. Orateurs grecs. 2. Orateurs latins anciens. 3. Orateurs modernes qui ont écrit en latin. 4. Orateurs français, italiens, espagnols et anglais. 5. Orateurs orientaux.
III. Poésie.
* Introduction et traités généraux sur la poésie.
1. Recueils de poésies en différentes langues. 2. Poètes grecs. 3. Poètes latins. 4. Poètes français. 5. Poètes italiens. 6. Poètes espagnols. 7. Poètes portugais. 8. Poètes allemands. 9. Poètes flamands et hollandais. 10. Poètes scandinaves. 11. Poètes anglais. 12. Poésies écossaises et irlandaises. 13. Poètes illyriens, serviens, roumains, hongrois, bohémiens, lithuaniens, esthoniens, polonais, russes. 14. Poésie orientale. 15. Poètes hébreux et syriaques. 16. Poètes arabes, persans, arméniens et turcs. 17. Poètes sanscrits, palis, hindoustanis, cingalais, chinois et malais.
III*. Poésie (seconde partie). Poésie dramatique.
1. Histoire générale des théâtres; écrits pour et contre le théâtre, et traités généraux sur l'art dramatique. 2. Poètes dramatiques grecs. 3. Poètes dramatiques latins anciens. 4. Poètes dramatiques du moyen âge et des temps modernes qui ont écrit en latin. 5. Poètes dramatiques français. 6. Poètes dramatiques italiens. 7. Poètes dramatiques espagnols. 8. Poètes dramatiques portugais. 9. Poètes dramatiques allemands et hollandais. 10. Poètes dramatiques danois et suédois. 11. Poètes dramatiques anglais, etc. 12. Poètes dramatiques illyriens, polonais et russes. 13. Poètes dramatiques turcs, indiens, chinois, etc.
IV. Fictions en prose.
1. Apologues ou fables en différentes langues. 2. Romans, contes et nouvelles.
A. Histoire des romans et collections de romans. B. Romans grecs. C. Romans latins, anciens et modernes. D. Romans français. E. Romans italiens. F. Romans espagnols. G. Romans portugais. H. Romans allemands, hollandais, flamands, etc. Etc., etc.
Appendice au titre IV.
1. Facéties et pièces burlesques. 2. Dissertations singulières, plaisantes et enjouées.
A. Différents sujets. B. Dissertations sur l'amour. C. Ouvrages érotiques. D. Traités singuliers pour et contre les femmes, sur le mariage, etc.
V. Philologie.
1. Philologie proprement dite. 2. Satires générales et satires personnelles. 3. Gnomiques: sentences, apophthegmes, adages, proverbes. 4. Bons mots, ana, pensées, etc. 5. Symboles, emblèmes, devises et énigmes.
VI. Dialogues et entretiens.
VII. Épistolaires.
1. Épistolaires grecs. 2. Épistolaires latins anciens. 3. Épistolaires modernes qui ont écrit en latin. 4. Épistolaires français. 5. Épistolaires italiens, espagnols et portugais. 6. Épistolaires allemands et anglais. 7. Épistolaires orientaux.
VIII. Polygraphes.
1. Polygraphes grecs. 2. Polygraphes latins anciens. 3. Polygraphes modernes qui ont écrit en latin. 4. Polygraphes français. 5. Polygraphes italiens. 6. Polygraphes espagnols et portugais. 7. Polygraphes allemands. 8. Polygraphes danois, suédois, russes et hongrois. 9. Polygraphes anglais et anglo-américains.
IX. Collections d'ouvrages et d'extraits de différents auteurs; recueils de pièces; mélanges.
1. Collections d'ouvrages anciens en grec et en latin. 2. Collections d'ouvrages écrits en latin par des modernes. 3. Collections et extraits d'ouvrages français. 4. Collections et extraits d'ouvrages italiens, d'ouvrages espagnols et d'ouvrages portugais. 5. Collections et extraits d'ouvrages allemands. 6. Collections et extraits d'ouvrages anglais et anglo-américains. 7. Collections et extraits d'ouvrages hébreux, arabes, persans. 8. Recueils d'ouvrages en différents dialectes indiens, indo-chinois, chinois, etc.
U. HISTOIRE
I. Prolégomènes historiques.
1. Traités sur la manière d'écrire et d'étudier l'histoire; philosophie de l'histoire; atlas historiques; dictionnaires. 2. Géographie. 2*. Voyages. 3. Chronologie.
II. Histoire universelle, ancienne et moderne.
1. Anciennes chroniques générales. 2. Ouvrages sur l'histoire universelle, écrits depuis le commencement du XVIe siècle. 3. Traités particuliers relatifs à l'histoire universelle; mœurs et usages.
III. Histoire des religions et des superstitions.
1. Histoire générale des religions.
A. Histoire de l'Église chrétienne. B. Histoire générale et particulière des hérésies et des schismes.
2. Histoire des religions, seconde partie: histoire des religions païennes (le polythéisme et le panthéisme), considérées sous le rapport mythologique.
IV. Histoire ancienne.
1. Origine des nations. 2. Histoire générale et particulière de plusieurs peuples anciens. 3. Mélanges historiques: civilisation, gouvernement, etc. 4. Histoire des Juifs. 5. Histoire des Phéniciens, des Babyloniens, des Égyptiens, des Perses et de quelques autres peuples anciens. 6. Histoire générale et particulière de la Grèce. 7. Histoire de l'Italie avant les Romains. 8. Histoire générale et particulière du peuple romain et de ses empereurs.
IV*. Appendice à l'histoire ancienne.
1. Histoire byzantine ou du Bas-Empire. 2. Histoire des migrations des Scythes, des Goths, des Visigoths, des Huns, des Vandales, etc., et de leurs invasions en Europe pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne.
V. Histoire moderne.
Généralités.
Europe[511].
A. Itinéraires généraux. B. Histoire générale de l'Europe, etc. Etc., etc.
1. Histoire de France.
A. Géographie ancienne et moderne; topographie; statistique. B. Histoire celtique et gauloise. C. Origine des Français; établissement de la monarchie dans les Gaules. D. Mœurs et usages; antiquités et monuments. E. Histoire générale sous les trois races des rois de France. F. Collections de chroniques et de mémoires historiques. G. Collections de dissertations particulières; recueils de diplômes et de chartes. H. Mélanges historiques. J. Ouvrages qui se rapportent à l'histoire générale de certaines époques. K. Histoire particulière de la France sous chaque règne. L. Histoire royale et princière, contenant les origines, les généalogies, titres, prérogatives, etc., des rois; droits de la couronne sur divers États; histoire des princes issus du sang royal, et celle des reines. M. Cérémonial français. N. Mélanges d'histoire politique et civile de France. O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France. (On pourrait ajouter à chaque paragraphe les noms des départements qui y correspondent.)
a. Paris. a bis. Résidences royales. b. Ile-de-France, Picardie, Artois. c. Beauce, Orléanais, Blaisois, etc. d. Normandie. e. Maine, Touraine, Anjou, Poitou. f. Bretagne. g. Nivernais, Bourbonnais, Berry. h. Champagne. i. Bourgogne et Franche-Comté. Etc., etc.
2. Histoire de la Belgique[512], contenant les anciennes provinces de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de Namur, de Luxembourg, de Limbourg, du pays de Liège, et la Hollande. 2*. Histoire de la Belgique, seconde partie: Hollande. 3. Histoire d'Italie. 4. Histoire des îles Ioniennes, de la Sardaigne, de la Corse et de l'île de Malte. 5. Histoire de la Suisse. 6. Histoire d'Espagne. 7. Histoire de Portugal. 7*. Histoire des îles Baléares, etc. 8. Histoire d'Allemagne. 9. Histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, 10. Histoire scandinave. 11. Histoire de l'empire des Russies. 12. Histoire de la Pologne, de la Lithuanie et de l'Ukraine. 13. Histoire générale de l'empire ottoman, avec l'histoire des possessions turques en Europe, y compris la Moldavie, la Valachie, la Bulgarie et la Servie. 14. Histoire de la Grèce et de ses îles. 15. Histoire des hordes nomades, vulgairement nommées Bohémiens, qui parcourent l'Europe, et auxquelles on suppose une origine indienne.
† Mélanges relatifs à l'histoire de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, comprenant l'histoire générale des colonies modernes fondées par les Européens.
** Asie.
1. Histoire générale. 2. Histoire des Arabes et de l'Islamisme. 3. Histoire des possessions turques en Asie, y compris la Syrie et l'Arménie. 4. Histoire d'une partie du littoral de la mer Caspienne et des contrées caucasiennes. 5. Histoire de la Perse, du Caboul, du Turkestan, etc. 6. Histoire de l'Inde. 7. Histoire de l'Archipel indien: Ceylan, Sumatra, Java, les Philippines, etc. 8. Histoire d'une partie de l'Asie centrale et septentrionale, comprenant l'Inde au delà du Gange, le Tibet, la Mongolie et la Tartarie. 9. Histoire de la Chine et de la Corée. 10. Histoire du Japon. 11. Histoire des possessions russes en Asie. 12. Appendice à l'histoire de l'Asie: Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie.
*** Afrique.
1. Histoire générale. 2. Histoire de l'Égypte et de la Nubie. 3. Histoire des États barbaresques, y compris l'Algérie. 4. Histoire des régions centrales, des régions occidentales et des régions orientales de l'Afrique. 5. Histoire des îles d'Afrique.
**** Les deux Amériques.
1. Histoire générale. 2. Amérique septentrionale. 3. Iles Antilles. 4. Amérique méridionale.
VI. Paralipomènes historiques.
1. Histoire de la chevalerie et de la noblesse. 2. Histoire des solennités, pompes et cérémonies publiques. 3. Archéologie. 3*. Archéologie, seconde partie: Archéographie. 4. Histoire littéraire. 5. Biographie, et spécialement la biographie littéraire et celle des artistes. 6. Bibliographie.
A. Introduction. B. Traités généraux sur les livres, sur les bibliothèques, leur histoire, et sur les devoirs des bibliothécaires. C. Histoire de l'imprimerie. Etc., etc.
Mélanges et Dictionnaires encyclopédiques.
Notice des principaux journaux littéraires et scientifiques [et politiques].
I. Journaux français.
a. Gazettes, journaux purement littéraires, et journaux politiques et littéraires. b. Journaux bibliographiques. c. Journaux religieux. d. Journaux relatifs à la jurisprudence et à l'économie. e. Journaux scientifiques. f. Journaux relatifs aux beaux-arts, aux arts et métiers, etc. g. Journaux géographiques et historiques. Etc., etc.
II. Journaux écrits en latin.
III. Journaux étrangers.
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Pour appliquer ce système de classification, dont nous venons de tracer les grandes lignes, prenons l'exemple qui nous a déjà servi à propos du catalogue alphabétique, soit un exemplaire de l'Histoire de Paris de Dulaure, dont il s'agit de déterminer la cote du catalogue méthodique.
Nous cherchons dans la classe U. HISTOIRE; nous nous arrêtons à V. HISTOIRE MODERNE, puis à 1. Histoire de France, ensuite à O. Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France, et enfin à a. Paris,--a en italique, mais que, pour plus de régularité et de commodité, nous écrirons, avons-nous dit[513], en caractère romain: a. La fiche de cette Histoire de Paris portera donc les mentions suivantes: U V 1 O a.
L'ouvrage (nom de l'auteur, titre, etc.) étant inscrit sur le ou les registres d'entrée, comme il a été spécifié à propos du catalogue alphabétique[514], nous l'inscrivons sur le registre du catalogue méthodique affecté à l'Histoire de Paris. Théoriquement, chaque subdivision des cinq grandes classes (A, E, I, O, U), que cette subdivision soit marquée par un chiffre romain, un chiffre arabe, une lettre majuscule ou une minuscule (U--V 1 O a), devrait avoir son registre ou cahier spécial, aussi bien que sa section distincte dans la boîte à fiches du catalogue méthodique[515]; mais on se rend bien compte que nombre de ces sections se réduiraient parfois à très peu de chose, sinon à rien, et que, pour la plupart des cas, même dans une bibliothèque importante, il est plus pratique et plus simple de s'arrêter, sinon à la première, du moins à la deuxième ou à la troisième subdivision[516], de réunir, par exemple, dans un même registre l'Histoire de Paris (U V 1 O a) à l'Histoire particulière des anciennes provinces et des villes de France (U V 1 O), confondre même ces deux rubriques dans l'Histoire de France (U V 1).
En supposant donc que l'ouvrage en question, cet exemplaire de l'Histoire de Paris de Dulaure, soit le soixante-deuxième inscrit sur le registre ou cahier du catalogue méthodique affecté à la subdivision a, nous aurons pour la cote:
U V 1 O a --------- Nº 62
S'agit-il de cataloguer le Théâtre de Racine? Nous prenons la classe O. BELLES-LETTRES, puis la division POÉSIE et son appendice III*. POÉSIE DRAMATIQUE, et nous nous arrêtons à 5. Poètes dramatiques français. Nous inscrivons l'ouvrage sur le registre ou cahier du catalogue méthodique affecté à cette série, et, en supposant qu'il y reçoive le numéro 820, nous avons la cote:
O III* 5 -------- Nº 820
Très fréquemment, il arrive que le même ouvrage peut être classé à plusieurs endroits, c'est-à-dire qu'il traite de matières différentes et intéresse plusieurs branches des connaissances humaines. Dans ce cas, on le catalogue dans la section (division, subdivision, sous-subdivision, etc.), qui paraît la plus directement intéressée, et l'on place dans les autres des fiches de renvoi. Ainsi, et selon la remarque de J.-Ch. Brunet lui-même[517], «les ouvrages sur le Mariage se placent dans neuf classes différentes, selon le point de vue sous lequel le sujet est traité. Le mariage, considéré comme sacrement, appartient à la Théologie et au Droit canonique;--comme acte civil, et pour ce qui regarde les droits réciproques des époux, au Code civil;--quant aux infractions qui y sont faites, au Code pénal;--considéré dans les devoirs des époux, à la Morale ou à l'Économie;--dans ses rapports avec la population, à l'Économie politique;--sous le rapport médical, à la Médecine;--comme appartenant aux mœurs et aux usages des anciens, aux Antiquités;--enfin, envisagé du côté plaisant, aux Facéties.»
Quant aux polygraphes (Voltaire, Diderot, Jean-Jacques Rousseau, etc.), nous avons vu qu'ils forment une subdivision spéciale de la classification de Brunet (O VIII). La Bibliothèque nationale, comme nous le constaterons tout à l'heure, les classe aussi sous une même rubrique (Z).
Il y a des titres trompeurs, qui peuvent être différemment interprétés ou ne répondent nullement au contenu des ouvrages. Ainsi il ne faudrait pas classer le Jardin des racines grecques de Lancelot dans l'Horticulture, ni dans la Pathologie le Traité des fluxions (mathématiques) du géomètre écossais Mac-Laurin[518]; ni dans la Théologie les Mémoires pour servir à l'histoire de la Calotte, comme l'a fait jadis un libraire, aussi ignorant qu'irrévérencieux, chargé d'inventorier la bibliothèque de Lamennais[519]; ni dans la Géographie les Voyages littéraires sur les quais de Paris de Fontaine de Resbecq; etc.
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Les systèmes de classification bibliographique abondent. Étroitement rattachés qu'ils sont à l'inventaire général et à la méthodique coordination des connaissances humaines, il faudrait, pour en faire une étude complète, remonter jusqu'à Aristote, l'encyclopédie vivante de l'antiquité; rappeler le Novum Organum du chancelier Bacon, et son mode de dénombrement et de classement de nos connaissances suivant ces trois facultés: 1º MÉMOIRE (Histoire, etc.); 2º RAISON (Philosophie, Mathématiques, etc.); 3º IMAGINATION (Poésie, Beaux-Arts, etc.), que d'Alembert a repris et si brillamment développé dans son Discours préliminaire de l'Encyclopédie. Il faudrait ne pas omettre surtout les lois promulguées de nos jours par Auguste Comte: loi d'évolution ou loi des trois états: état théologique ou fictif, état métaphysique ou abstrait, état positif ou scientifique; ni sa classification des sciences: mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie ou science des corps vivants, et sociologie ou science des sociétés[520].
En nous en tenant strictement aux bibliographes, il faudrait citer, outre les premiers classements et les essais dont nous avons parlé, qui ont inspiré, voire enfanté, la classification de Brunet, le système de Parent aîné[521], celui du marquis de Fortia d'Urban[522], de l'Anglais Bentham[523], qui avait si joliment imaginé de classer les livres d'après le bien-être qu'ils peuvent procurer, du bibliothécaire belge Namur[524], d'Aimé-Martin[525], de l'abbé Girard, de Peignot, Camus, Ameilhon, Massol, Coste[526], etc. En insérant celui de Brunet, le plus réputé et le plus usité de tous, nous avons voulu donner une idée type de ces méthodes. Nous allons en passer rapidement en revue quelques autres, des plus caractéristiques et des plus importantes.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE.
M. Léopold Delisle, administrateur général de la Bibliothèque nationale, trace en ces termes l'exposé du classement des livres de cet établissement[527]:
«Les livres imprimés de la Bibliothèque nationale sont répartis en trente grandes divisions, dont chacune a pour marque caractéristique une grande lettre de l'alphabet, accompagnée ou non d'une étoile, d'un chiffre ou d'une minuscule. En voici le tableau:
A. Écriture sainte. B. Liturgie et conciles. C. Pères de l'Église. D. Théologie catholique. D². Théologie non catholique. E. Droit canon. *E. Droit de la nature et des gens. F. Droit civil. G. Géographie et Histoire générale. H. Histoire ecclésiastique. J. Histoire ancienne: Grecs, Byzantins, Turcs, Romains, Antiquités. K. Histoire d'Italie. L. Histoire de France. M. Histoire d'Allemagne, des Pays-Bas, des pays du Nord et de l'Est de l'Europe. N. Histoire de la Grande-Bretagne. O. Histoire d'Espagne et de Portugal. O². Histoire d'Asie. O³. Histoire d'Afrique. P. Histoire d'Amérique. P². Histoire d'Océanie. Q. Bibliographie. R. Sciences philosophiques, politiques, économiques, morales et physiques. S. Sciences naturelles. T. Sciences médicales. V. Mathématiques, sciences et arts. Vm. Musique. X. Linguistique et rhétorique. Y. Poésie et théâtre. Y². Romans. Z. Polygraphie.»
BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE FRANCE.
(Sorbonne[528].)
Cadre de classement.
B. Bibliographie.
B. G. Bibliographie générale. B. S. b. Bibliographie spéciale (bibliothèques). B. S. r. Bibliographie spéciale (répertoires). B. S. a. Bibliographie spéciale (amateurs).
T. Théologie.
T. E. Théologie. Écriture. T. E. t. Textes. T. E. v. Versions. T. E. e. Exégèse. T. E. e. a. Exégèse de l'Ancien Testament. . . . . . . . . . . . . . . . . . . T. L. Liturgie. T. L. g. Liturgie générale. T. L. p. Liturgie particulière. T. C. Conciles. T. S. Saints Pères. T. T. Théologiens. T. P. Polémique. T. H. Histoire ecclésiastique. T. D. Droit canon.
S. Sciences.
S. D. Dictionnaires. Encyclopédies. S. P. Sciences philosophiques. S. G. Sciences politiques et gouvernementales. S. N. Sciences naturelles. S. M. Sciences médicales. S. O. Sciences occultes. S. [Phi]. Sciences physiques. S. X. Mathématiques pures et appliquées. S. A. Beaux-Arts. S. I. Arts industriels. S. J. Journaux scientifiques.
L. Littérature.
L. P. Philologie. L. P. c. Philologie générale et composée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . L. H. Histoire littéraire. L. D. Traités didactiques. L. M. Littérature du moyen âge. L. G. Littérature grecque. L. L. Littérature latine. L. L'. Littérature latine moderne. L. F. Littérature française. L. E. Littérature étrangère.
H. Histoire.
H. U. Histoire universelle. H. U. i. Introduction. H. U. c. Chronologie. H. U. h. Histoire générale. H. A. Histoire ancienne. H. A. g. Histoire générale de l'antiquité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . H. M. Histoire moderne de l'Europe (France exceptée). H. F. Histoire de France. H. F. c. Collections. H. F. g. Histoire générale. H. F. o. Origines, Mérovingiens, Carolingiens. H. F. ca. Premiers Capétiens, premiers Valois. H. F. v. Deuxièmes Valois. H. F. b. Bourbons. H. F. r. Révolution. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . H. V. Géographie et voyages. H. V. a. Atlas. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . H. L. Législation. H. R. Archéologie. H. J. Journaux et recueils littéraires historiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . M. Musique (Partitions). U. Universités françaises.
I. Incunables.
· · ·
M. S. Manuscrits.
· · ·
R. Réserve.
BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE PARIS[529].
(Musée Carnavalet.)
HISTOIRE DE PARIS.
Tableaux des divisions
SECTIONS SÉRIES
I.--Bibliographie.
A. Bibliographie de Paris. Études bibliographiques intéressant l'histoire de Paris. 1 B. Catalogues de bibliothèques riches en histoire de Paris. 2
II.--Histoire physique et naturelle.
A. Météorologie parisienne, faune, botanique et horticulture, paléontologie, géologie. 3 Appendice: carrières sous Paris, catacombes. 4 B. Hydrographie. Eaux naturelles.--La Seine, la Bièvre, inondations, puits et sources, eaux de Passy.--Appendice: ports et navigation. 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . C. Population, statistique. 8
III.--Histoire Générale.
A. Histoire de Paris formant corps d'ouvrage et généralités. 9 B. Descriptions et guides cicerones. 10 C. Histoire particulière des quartiers de Paris. 11
IV.--Topographie.
A. Généralités.--Plans et enceintes. Généralités. Études sur la topographie de Paris 31 Plans par ordre chronologique 32 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
V.--Monuments et Architecture.
A. Monuments publics. Les monuments de Paris en général, inscriptions 42 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
VI.--Histoire religieuse.
A. Généralités. Liturgie parisienne, officialité, administration ecclésiastique, anciens sermonnaires intéressant l'histoire des mœurs 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
VII.--Histoire des Lettres, Sciences et Arts à Paris.
A. Instruction publique. Généralités 56 Ancienne Université de Paris et ses collèges. 57
VIII.--Histoire des mœurs et coutumes.
A. Généralités. Histoire générale des mœurs et coutumes des Français 73 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
IX.--Fêtes et Divertissements.
A. Fêtes officielles, etc. 88 B. Théâtre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
X.--Histoire civile et administrative. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
XI.--Police et Histoire judiciaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
XII.--Environs de Paris.
A. Environs de Paris en général.--Cartes et vues 158 Histoire, dictionnaires et documents divers. 159 B. Histoire particulière des villes; villages et châteaux 160 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un des meilleurs systèmes de classement, surtout pour une collection de petite ou de moyenne étendue, comprenant des ouvrages de toute sorte, est celui qu'indique M. Léopold Delisle, et qu'il recommande comme «un cadre dans lequel trouveraient aisément place tous les ouvrages dont se composent la plupart de nos bibliothèques municipales[530]».
Ici, comme précédemment, les diverses matières sont désignées chacune par une lettre majuscule:
A. Théologie. B. Jurisprudence. C. Sciences philosophiques, politiques et morales. D. Sciences physiques et chimiques. E. Sciences naturelles.--Agriculture. F. Médecine. G. Sciences mathématiques et applications.--Mécanique.--Astronomie. --Marine.--Art militaire.--Jeux. H. Beaux-Arts. I. Linguistique et littérature.--Généralités.--Mélanges.--Langues et littératures autres que celles pour lesquelles il existe des divisions spéciales. J. Langues et littératures de l'Orient. K. Langues et littératures classiques (la Grèce et Rome). L. Langue et littérature françaises. M. Langues et littératures des États de l'Europe autres que la France. N. Histoire universelle.--Généralités de la géographie et des voyages, de la chronologie, de la biographie, de l'archéologie, de la paléographie et de l'histoire ecclésiastique, y compris les croisades. O. Histoire ancienne de l'Orient.--Juifs.--Égyptiens.--Assyriens, etc.--Indiens.--Chinois. P. Histoire ancienne des Grecs et des Romains.--L'empire byzantin. Q. Histoire de France. R. Histoire des États européens autres que la France. S. Histoire de l'Asie et de l'Afrique. On y pourra comprendre la Turquie. T. Histoire de l'Amérique et de l'Océanie. U. Bibliographie et histoire littéraire. V. Mélanges encyclopédiques et autres.--Collections.--Polygraphie.
Les subdivisions, dont le nombre peut s'étendre à volonté, seront marquées par des lettres minuscules, placées à la suite de la majuscule annonçant la division. Exemple:
Q. Histoire de France. Qa. Généralités de l'histoire de France.--Géographie.--Histoires générales.--Résumés.--Collections de documents. Qb. Détails de l'histoire de France par périodes et par règnes. Qc. Publications périodiques relatives à l'histoire de France. Qd. Histoire des institutions et des usages politiques, ecclésiastiques, administratifs, militaires, commerciaux, etc., de la France. Qe. Histoire provinciale et locale. Qf. Histoire des familles et des individus. (Généalogies et biographies.)
En reprenant ici notre exemple, la cote à donner à l'Histoire de Paris de Dulaure, nous aurions, avec ce mode de classement:
Qe ----- Nº 62
Et si la subdivision Qe. Histoire provinciale et locale était, à son tour, comme la subdivision correspondante de Brunet, sectionnée en:
Qea. Paris (Histoire, mœurs et usages). Qeb. Ile-de-France. Qec. Beauce. Qed. Normandie. Etc., etc.,
nous aurions pour la susdite cote:
Qea ----- Nº 62
On voit, d'après ce qui précède, combien les classifications bibliographiques offrent de divergences et de latitude. Chaque bibliothèque spéciale donne tout naturellement et forcément à sa spécialité, à ce qui la préoccupe le plus, une place à part et la plus grande place; elle attribue à cette spécialité des divisions distinctes, accompagnées de nombreuses subdivisions et sous-subdivisions. Ainsi la bibliothèque de l'administration des postes et des télégraphes, organisée en 1878 par M. Ernest Jacquez, porte en tête de son catalogue l'électricité et le magnétisme; puis viennent les sciences physiques, chimiques, naturelles, mathématiques, philosophiques, etc., et, dans deux sections particulières et parallèles, les ouvrages exclusivement consacrés à la télégraphie et aux postes, avec ces numéros et lettres d'ordre:
1. Électricité et magnétisme. 2. Sciences physiques (électricité exceptée). 3. Sciences chimiques. 4. Sciences naturelles. 5. Sciences mathématiques. 6. Sciences philosophiques, morales, sociales et économiques. 7. Publications encyclopédiques, mélanges, arts. 8. Littérature, linguistique, polygraphie, histoire et géographie. 9. Jurisprudence. 10. Cartes et atlas. T. Télégraphie. P. Postes.
Et comme subdivisions:
1A. Histoire de l'électricité et du magnétisme;... 1B. Grandeurs électriques et magnétiques; sources d'électricité et de magnétisme;... 1C. Traités complets et partiels anciens et modernes d'électricité et de magnétisme;... 1D. Applications de l'électricité et du magnétisme;... 1E. Journaux, revues et annuaires français et étrangers concernant l'électricité;...
2A. Histoire et traités préparatoires (des sciences physiques, électricité exceptée);... 2B. Cours et traités généraux;... Etc., etc.
On peut consulter encore sur ces arides questions de classification la table systématique de la Bibliographie de la France, Journal général de l'imprimerie et de la librairie; celle du Catalogue général de la librairie française, de Lorenz; du Polybiblion, Revue bibliographique mensuelle; ainsi que les nombreux cadres de classement des bibliothèques et publications étrangères; et l'on se convaincra de plus en plus qu'il n'y a pas de système bibliographique absolu et infaillible, pouvant également convenir à tout le monde et sur lequel tout le monde soit d'accord[531]; on reconnaîtra de plus en plus la justesse de la remarque de J.-Ch. Brunet, qu'«il est naturel que chaque possesseur de livres classe sa bibliothèque selon la nature de ses études, selon ses propres opinions, et qu'au besoin il rattache à sa spécialité tout ce qui, de près ou de loin, semble s'y rattacher[532].»
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Faisant abstraction de toutes ces complexes et interminables divisions et subdivisions encyclopédiques, des bibliographes des États-Unis ont conseillé d'inscrire simplement sous les mots du dictionnaire la liste des ouvrages qui se rapportent à ces mots. Au mot AME, par exemple, vous trouvez les titres des ouvrages qui traitent de l'âme; au mot ARGENT, ceux qui traitent de l'argent; à ASTRONOMIE, ceux qui traitent de cette science; etc. Pour remédier aux difficultés du classement, ils l'ont tout bonnement supprimé[533].
Mais, comme un lien existe entre toutes les branches du savoir humain, et qu'on a besoin de saisir ce lien, de tenir ce fil pour se guider à travers ce lacis de ramifications, et se reporter d'une science à une autre, les Américains ne se sont pas arrêtés à leur Dictionary-Catalogue, ils ont cherché un système qui pût embrasser toutes les questions, même les plus menues, s'étendre à l'infini, et aussi qui fût indépendant des pays et des langues, et susceptible d'être rapidement sinon instantanément compris de tous les bibliographes, de tout le monde.
La Classification décimale, imaginée par M. Melvil Dewey, directeur de la Bibliothèque de l'État de New-York et président de l'Association des bibliothécaires américains, a fait grand bruit il y a quelques années, et elle semblait pouvoir remplir ces desiderata. Au mois de septembre 1895, une Conférence bibliographique internationale s'est tenue à Bruxelles, sous le patronage du gouvernement belge; elle a décidé la création d'un Institut international de bibliographie, et provoqué la formation d'un Office international, subventionné par les gouvernements, «pour préparer un Répertoire bibliographique universel et assigner aux publications faites dans les divers États la cote de classement que devra recevoir chacune d'elles et qui sera apposée sur les exemplaires de toutes les bibliothèques affiliées à l'Office international[534]». D'autres conférences analogues eurent lieu à Londres en 1896, et à Bruxelles en 1898; mais il paraît que plus d'un désaccord s'est produit entre les promoteurs de ce mouvement; on n'a pas su maintenir aux chiffres des cotes une signification invariable et certaine, et il en est naturellement résulté une paralysante confusion[535].
Néanmoins, l'Office et l'Institut international de bibliographie, fondés à Bruxelles en 1895 pour propager la «géniale invention[536]» de M. Melvil Dewey, subsistent toujours, et c'est à une publication de cet office[537] que nous empruntons la plupart des détails suivants.
M. Melvil Dewey répartit l'ensemble des connaissances humaines en neuf classes principales, numérotées chacune par un chiffre, de 1 à 9. Les encyclopédies, les périodiques et les ouvrages d'un caractère général et qui n'appartiennent à aucune de ces classes sont désignés par un zéro et forment une classe à part, une classe préalable, dite des «Ouvrages généraux» ou «Généralités». On a ainsi:
0 Ouvrages généraux[538]. 1 Philosophie. 2 Religion. Théologie. 3 Sciences sociales et Droit. 4 Philologie. Linguistique. 5 Sciences mathématiques et naturelles. 6 Sciences appliquées. Technologie. 7 Beaux-Arts. 8 Littérature. 9 Histoire et Géographie.
Chacune de ces dix grandes classes est partagée en dix subdivisions, ayant chacune pour indice ou symbole le chiffre de la classe à laquelle elle appartient, suivi d'un autre chiffre variant encore de 0 à 9. Voici la liste de ces (10 × 10) subdivisions:
0 Ouvrages généraux.
00 Généralités. 01 Bibliographie. 02 Bibliothéconomie. 03 Encyclopédies générales. 04 Collections générales d'essais. 05 Périodiques généraux. Revues. 06 Sociétés générales. Académies. 07 Journaux. Journalisme. 08 Bibliothèques spéciales. 09 Manuscrits et livres précieux.
1 Philosophie.
10 Généralités. 11 Métaphysique. 12 Divers sujets métaphysiques[539]. 13 L'esprit et le corps. 14 Systèmes philosophiques. 15 Psychologie. 16 Logique. 17 Morale. 18 Philosophes anciens. 19 Philosophes modernes.
2 Religion. Théologie.
20 Généralités. 21 Théologie, religions naturelles[540]. 22 Bible. Évangile. 23 Théologie doctrinale. 24 Pratique religieuse. Dévotion. 25 Œuvres pastorales. 26 L'Église. 27 Histoire de l'Église. 28 Église et sectes chrétiennes. 29 Religions non chrétiennes.
3 Sciences sociales et Droit.
30 Généralités. 31 Statistique. 32 Science politique. 33 Économie politique. 34 Droit. 35 Administration. Droit administratif. 36 Assistance. Assurances. Associations. 37 Enseignement. Éducation. 38 Commerce. Transports. Communications. 39 Coutumes. Costumes.
4 Philologie. Linguistique.
40 Généralités. 41 Philologie comparée. 42 Philologie anglaise. 43 Philologie germanique. 44 Philologie française. 45 Philologie italienne. 46 Philologie espagnole. 47 Philologie latine. 48 Philologie grecque. 49 Autres langues.
5 Sciences mathématiques et naturelles.
50 Généralités. 51 Mathématiques. 52 Astronomie. Géodésie. Navigation. 53 Physique. 54 Chimie. Minéralogie. 55 Géologie. 56 Paléontologie. 57 Biologie. Anthropologie. 58 Botanique. 59 Zoologie.
6 Sciences appliquées. Technologie.
60 Généralités. 61 Médecine. 62 Art de l'ingénieur. 63 Agriculture. 64 Économie domestique. 65 Commerce. Transports. 66 Industries chimiques. 67 Manufactures. 68 Industries mécaniques et métiers. 69 Construction.
7 Beaux-Arts.
70 Généralités. 71 Paysages de jardins. (Jardins, parcs, promenades.) 72 Architecture. 73 Sculpture. Numismatique. 74 Dessin. Décoration. 75 Peinture. 76 Gravure. 77 Photographie. 78 Musique. 79 Divertissements. Jeux. Sports.
8 Littérature.
80 Généralités. 81 Littérature américaine[541]. 82 Littérature anglaise. 83 Littérature germanique. 84 Littérature française. 85 Littérature italienne. 86 Littérature espagnole. 87 Littérature latine. 88 Littérature grecque. 89 Autres littératures.
9 Histoire et Géographie.
90 Généralités. 91 Géographie et voyages. 92 Biographie. 93 Histoire ancienne. 94 Histoire moderne { Europe. 95 { Asie. 96 { Afrique. 97 { Amérique du Nord. 98 { Amérique du Sud. 99 { Océanie. Régions polaires.
Ces cent premières subdivisions (de 00 à 99) forment à leur tour chacune dix deuxièmes subdivisions, fractionnées elles-mêmes chacune en dix troisièmes subdivisions, etc., toutes numérotées, d'après le même principe, de 0 à 9. On obtient ainsi des nombres de trois, quatre, cinq... chiffres. Afin d'accentuer l'intelligibilité «des nombres un peu longs», il est d'usage d'y intercaler un point, ordinairement après le troisième chiffre. Ce point, bien entendu, «n'a rien de décimal»[542].
Prenons, par exemple, la subdivision 33 Économie politique, nous aurons comme deuxièmes subdivisions[543]:
330 Généralités. 331 Capital, main-d'œuvre et salaires. 332 Banques. Monnaie. Crédit. 333 Propriété immobilière: rente foncière, propriété des terres, forêts, mines. 334 Coopération. 335 Socialisme et communisme. Anarchie. 336 Finances publiques. 337 Protection. Libre-échange. Tarifs douaniers. 338 Production des richesses. Industrie. 339 Répartition des richesses. Paupérisme.
Puis, en agissant de même sur une quelconque de ces deuxièmes subdivisions, 331 Capital, main-d'œuvre et salaires, je suppose, nous aurons:
331.0 Généralités. 331.1 Rapports du capital et de la main-d'œuvre. 331.2 Salaires. Participation aux bénéfices. Assurance obligatoire. 331.3 Travail des enfants. (Voir 179.2 Cruauté envers les enfants.) 331.4 Travail des femmes. (Voir 396.5 Occupations des femmes.) 331.5 Travail des déportés, des prisonniers. 331.6 Travail des indigents. Travail à bas prix des étrangers, des Chinois. 331.7 Main-d'œuvre habile et brutale. 331.8 Classes ouvrières.
Comme on le voit, il n'est pas toujours nécessaire d'épuiser les dix chiffres pour une subdivision; ici, nous nous arrêtons au 8. On laisse ainsi des cases vacantes, qui pourront être utilisées plus tard. On remarquera aussi, dans ce dernier tableau, deux exemples de renvois à d'autres catégories, «renvois fort utiles, ajoute M. Ed. Sauvage[544], car il arrive fréquemment que la limite entre deux sujets appartenant à des divisions différentes ne peut être tracée avec précision».
Prenons encore une de ces catégories, la sous-subdivision 331.8 Classes ouvrières. Elle se subdivisera à son tour comme il suit:
331.80 Généralités. 331.81 Heures de travail. 331.82 Places de travail. Dangers. (Voir aussi 613.6 Hygiène; 622.8 Mines; 614.8 Sauvetage.) 331.83 Nourriture. Vêtements. Habitations. 331.84 Moralité; habitudes. Intempérance; tempérance. Amusements. Tentations. (Voir aussi 17 Morale; 79 Exercices; 263.6 Dimanche.) 331.85 Aides. Conférences. Bibliothèques. Salles de lecture. (Au point de vue seulement de la science économique et des classes ouvrières.) 331.86 Formation de l'ouvrier. Apprentissage. 331.87 Organisation du travail. 331.88 Sociétés pour régler le travail (trade unions). 331.89 Grèves.
Le principe sur lequel repose ce système de classification est, sans conteste, des plus ingénieux: les nombres classificateurs définissent entièrement la division à laquelle ils s'appliquent. C'est ainsi que dans la dernière cote que nous venons de citer, dans ce nombre 331.89, attribué aux travaux traitant des grèves, nous voyons d'abord le 3, qui indique les Sciences sociales; ce 3 suivi d'un autre 3, 33, désigne l'Économie politique; 331, le Capital et la main-d'œuvre; 331.8, les Classes ouvrières; enfin la question particulière considérée, les Grèves, est définie par l'addition du 9 final[545].
Quant aux fiches rédigées selon les règles de la classification décimale, le type adopté par l'Office et l'Institut international de Bruxelles est «la fiche blanche de 125 × 75 millimètres, posée en largeur et perforée à la base, pour en faciliter la conservation dans des tiroirs à tringles mobiles[546]». Contrairement, en effet, à l'usage, généralement suivi, d'écrire sur les fiches dans le sens de la hauteur, dans la partie moins large, c'est dans le sens de la largeur que l'Office et l'Institut international conseillent de transcrire les mentions. Voici, réduit des deux tiers environ, un spécimen d'une de ces fiches[547]. Le cercle tracé dans la partie inférieure indique le trou par où passe la tringle dans laquelle sont enfilées toutes les fiches. Inutile de faire observer que ce système, où, pour retirer ou intercaler une fiche, il faut enlever toutes les autres, est inférieur au système Bonnange, précédemment décrit[548].
MARTEL (Jules). 537
1896. Traité d'électricité, par J. MARTEL, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon.
Paris, Gauthier-Villars et fils, 1896, in-8 raisin (0,17 × 0,26), XI-326 p., 6 francs.
Le chiffre 537 indique la cote du livre, la subdivision Électricité (5, Sciences mathématiques et naturelles; 53, Physique; 537, Électricité), et l'on remarquera que le format de l'ouvrage n'est pas seulement désigné par la mention in-8 raisin, mais par la mesure métrique entre parenthèses (0,17 × 0,26)[549].
Des fiches divisionnaires de couleur, un peu plus hautes que les fiches blanches, des vedettes, portant en tête les nombres de chaque classe ainsi que leur traduction en mots, séparent les fiches bibliographiques appartenant à des divisions différentes.
L'Office et l'Institut international de Bruxelles ont émis le vœu,--exprimé déjà en 1879 par le bibliographe allemand Burchard,--que les éditeurs voulussent bien joindre désormais à leurs livres nouveaux des fiches bibliographiques toutes préparées et rédigées selon le modèle adopté, les unes pour les répertoires d'auteurs (catalogues alphabétiques), les autres pour les répertoires de matières (catalogues méthodiques). Ces fiches pourraient être imprimées sur papier très fin, et les bibliothécaires et bibliophiles n'auraient qu'à les coller sur leurs fiches blanches ordinaires de carton mince. Par ce moyen, non seulement on simplifierait beaucoup, et autant dire sans aucuns frais, les opérations de catalogage, mais on aurait cet immense avantage d'avoir partout des fiches uniformément établies. Jusqu'ici, malheureusement, ce vœu n'est guère sorti du domaine théorique, et il n'est encore qu'un pur projet[550].
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Le système de classification décimale, qui paraît et qui est si séduisant, n'a cependant pas séduit tout le monde, tant s'en faut: nombre d'objections y ont été faites, et par des érudits et spécialistes des plus compétents et des plus autorisés, nommément par MM. Léopold Delisle[551], F. Funck-Brentano[552], Ch.-V. Langlois[553], Henri Stein[554], G. Fumagalli, l'éminent bibliographe italien[555], etc.
«Le plan général (de ce système) est des plus simples, écrit M. Léopold Delisle[556]; l'ensemble et les détails en ont été empruntés au système décimal, comme l'indique suffisamment le titre: Decimal Classification. C'est là ce qui fait la force apparente des théories de M. Dewey. Malheureusement, l'étude des phénomènes de la nature et des événements de l'histoire, les fruits de l'activité humaine, les travaux scientifiques, artistiques et littéraires, les produits de l'esprit ou de l'imagination, sont loin de toujours se prêter à la rigueur des divisions et subdivisions décimales.»
«Le grand défaut du système de Dewey, dit de son côté le docteur Graesel[557], c'est de donner à toutes les classes le même nombre de divisions et la même ampleur, alors que chacune des branches des connaissances humaines a son étendue particulière et demande, par conséquent, à être divisée d'une façon différente des autres.»
Il semble, en résumé, que ce système a été accueilli en Europe par les gens de lettres et les bibliographes de profession avec une méfiance plus ou moins caractérisée, tandis que les hommes de sciences, médecins, physiologistes, etc., n'y ont pas trouvé les mêmes imperfections et s'y sont volontiers ralliés[558]. Nombre d'entre eux, pour le catalogage de leurs livres et la rédaction et la mise en ordre de leurs fiches bibliographiques ou autres, ont adopté des méthodes où les combinaisons de chiffres remplacent toutes les mentions de classes et catégories, toutes les lettres indices de divisions et subdivisions des anciennes classifications.
Il est même à remarquer que, dès l'année 1879, c'est-à-dire bien avant l'introduction en Europe du système de M. Melvil Dewey[559], un médecin de Paris, très connu depuis par ses travaux de laryngologie, le docteur Baratoux, employait un procédé de notation chiffrée reposant sur le principe même de la classification décimale. Ce n'est qu'en 1897, alors que cette classification provoquait tant de controverses dans le monde bibliographique, que M. le docteur Baratoux, jusque-là étranger à ces questions et qui n'avait pas soupçonné l'importance de sa méthode de catalogage, en publia dans son journal, la Pratique médicale, le tableau détaillé explicatif[560].
Dans le monde de la science, ce système de notation chiffrée était comme pressenti, déjà réalisé, et il a continué à se garder et à conquérir de nombreux partisans. Il ne semble pas jusqu'ici devoir obtenir le même succès dans le monde des lettres, pour les grandes collections du moins et les anciennes et immenses bibliothèques publiques. Quant aux collections particulières, quant à notre bibliothèque, dont le total des richesses n'excède pas quinze ou vingt mille volumes, il n'y aurait aucun inconvénient, on ne trouverait même que commodité et profit, selon nous, à faire usage de la classification décimale.