Chapitre 9 France !
France ! il n’est pas de pays en ce monde
Qu’on puisse aimer autant que*nous t’aimons !*
Un seul jour loin de ta terre féconde
Paraît un siècle à nous qui te pleurons !
Oh ! que l’exil dont nous portons la chaîne,
Depuis six ans, est un supplice affreux...
Mon Dieu ! mettez un terme à notre peine
En nous ouvrant le pays des aïeux !
« Courage, enfants, vous reverrez la France, »
Nous dit un soir notre bon vieux pasteur.
Ce mot d’espoir calme notre souffrance
Et verse en nous un rayon de bonheur !
Madame de Boismorel dit à son frère, en l’embrassant :
— Me pardonnes-tu, chéri, d’avoir mis ta poésie en musique sans ta permission ?
— Oui, je te pardonne, parce que la richesse de la musique fait oublier la pauvreté des vers.
— Flatteur et modeste, va !
— Dis donc, reprit-elle, as-tu remarqué que « notre bon vieux pasteur » n’est pas venu ici depuis deux semaines ; serait-il malade ?
— Non, il est absent de Munich pour quelque temps, m’a dit l’autre jour son vicaire.
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